
Le gouvernement Suminwa a lancé, jeudi 17 octobre, un jour après la célébration de la Journée internationale de l’alimentation, sa campagne agricole pour la saison 2024-2025. La cérémonie officielle a eu pour cadre la place de l’Echangeur de Limete. Elle a été présidée, au nom de la cheffe de l’Exécutif national, par le vice-Premier en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, en présence notamment des autres membres du gouvernement, des gouverneurs de province et des représentants des corps diplomatiques en place à Kinshasa. Pour le maître d’ouvrage de cette campagne, le ministre d’Etat et ministre de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, Grégoire Mutshail Mutomb, c’est le démarrage du processus de la concrétisation d’un vœu cher au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi. Celui de la revanche du sol sur le sous-sol ou en d’autres termes, la revanche de l’agriculture sur les minerais.
A terme, l’objectif du gouvernement de la RDC est de cultiver au moins 60 000 hectares sur l’ensemble du pays, en raison de de deux à trois mille par province, a indiqué le ministre d’Etat Mutshail Mutomb.
Les moyens mis en jeu par l’Exécutif national à travers son ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire semblent être à la hauteur de cette ambition. En effet, selon son service de communication, ce ministère a fait la commande, pour cette campagne, de plus de 5 millions de tonnes de semences de différentes variétés à répartir dans les 26 provinces, 37 millions 500 mille mètres linéaires de boutures de manioc et 2 millions 87 mille kg de semences améliorées de maïs, riz et autres légumineuses, entre autres.
Plus de 1 000 tracteurs commandés
A cette liste, la source ajoute les matériels aratoires (plus de 1 million trois cent mille), plus de 58 mille litres de pesticides (accompagnés d’appareils de traitement comme les pulvérisateurs et équipements de protection phytosanitaire) ainsi que 400 tonnes des fertilisants minéraux.
Sur la liste, toutefois non exhaustive, l’on note aussi une centaine de tracteurs déjà réceptionnés sur les 1 062 commandés, 400 motos (en commande) ainsi que 1 000 vélos (en commande également).
Au regard de l’urgence et des particularités géographiques, certaines provinces ont bénéficié anticipativement de quelques-uns de ces matériels. Il s’agit de l’Equateur (2000 sacs d’Engrais NPK et Urée) ; du Kasaï (2000 sacs d’Engrais NPK et Urée également et cinq cent kilogrammes de Semences) ; de la Tshopo (7motos) ; de la Lomami (2000 sacs d’Engrais NPK et Urée en plus de cinq cent kilogramme de semences et une moto ; du Haut-Uélé (1000) kits de 26 pièces de matériels aratoires ; ainsi que de Sankuru (2000 sacs d’Engrais NPK et Urée).
D’autres provinces à avoir également bénéficié anticipativement de quelques moyens logistiques disponibles, sont, Kinshasa, le Kwilu, le Kwango et Kasaï-Oriental. Pour la ville-province le ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire a doté l’Association des maraichers de Kingabwa et l’Association des maraichers de N’djili SECOMAF, chacune de 1 000 kits de vingt-six pièces de matériels et outils agricoles et intrants agricoles.
Sur la même lancée, l’Association des femmes productrices du piment et des coopératives du Plateau de Bateke ont, elles aussi, bénéficié des premières actions d’appui de la part du ministère de tutelle dans le cadre de cette grande campagne agricole.
Dans le cadre des Partenariats Publics Privés évoqués par Grégoire Mutshail Mutomb, les agrégateurs » d’une part qui sont des entreprises privées et les agrégés de l’autre part qui sont des communautés d’agriculteurs et leurs coopératives signeront des contrats de production en échange des subventions qu’ils recevront du Gouvernement. C’est cela que l’on peut qualifier « d’Agriculture Contractuelle ».
Coopératives et investisseurs privés
Depuis l’époque coloniale, l’agriculture a connu des périodes de gloire que le Ministre d’Etat veut faire revivre à la nation congolaise. Le 30 juin 1960, l’agriculture congolaise était l’une des plus florissantes en Afrique. Elle utilisait directement environ 75% de la main d’œuvre active sans compter les 10% qui étaient utilisées dans l’agro-industrie. Par ailleurs, sa contribution dans la formation du produit intérieur brut (PIB) était évaluée à 30% et sa quote-part dans les exportations à 40% du total de la valeur des exportations nationales. Mais après l’indépendance, il y a eu une forte baisse dans la production agricole congolaise à cause notamment des mesures de la zaïrianisation en 1971, les pillages en 1991 et 1992 ainsi que le climat d’insécurité entretenu par les groupes armés.
Pour réussir sa mission, le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et Sécurité alimentaire compte beaucoup, affirment ses services, sur l’armée des agriculteurs qu’il a mise en place à travers des coopératives et sur les investisseurs privés du secteur agricole. Il va également compter sur des commissions de suivi et d’évaluation qui seront chargées de faire le point de toutes les activités de la campagne agricole sur l’ensemble du territoire national.
HMK



