LES DROITS DE L’HOMME : UN PONT ENTREL’AFRIQUE ET L’EUROPE
Accroche : L’Afrique et l’Europe, deux continents liés par une histoire riche et complexe, sont aujourd’hui à un carrefour décisif. La coopération entre ces deux régions est capitale pour relever les défis mondiaux du 21e siècle et bâtir un avenir qui soit prospère et durable.
L’Union Européenne et l’Afrique : Une Collaboration Essentielle
L’Union européenne (UE) et l’Afrique par-tagent une histoire commune et des défis contemporains. Aujourd’hui, leurs institutions, la Commission de l’Union africaine (UA) et la Commission européenne, travaillent main dans la main pour renforcer leurs relations et promouvoir une croissance durable. Cette col-laboration se traduit par des initiatives visant à favoriser le développement humain, la paix et la sécurité, ainsi que la bonne gouvernance et le respect des droits de l’Homme.

Lors du dernier sommet UE-Afrique, les diri-geants ont mis l’accent sur le développement humain, reconnaissant que la participation pleine et égale des femmes et des jeunes est irréfutable pour le progrès. La population afri-caine croît rapidement. Pour profiter pleine-ment de ce dividende démographique, l’Afrique doit mettre en œuvre les politiques définies dans l’Agenda 2063 de l’Union afri-caine.
La Sécurité et les Droits de l’Homme : Un Lien Indissociable
La stabilité et la sécurité des sociétés sont des conditions préalables au développement du-rable. La sécurité ne peut exister sans justice, démocratie, État de droit, bonne gouvernance et respect effectif des droits de l’homme pour tous. En 2016, l’année africaine des droits de l’homme a mis l’accent sur les droits des femmes, tandis que l’UE désignait cette même année comme un symbole de militantisme pour les droits de l’Homme.
Vers la fin de 2016, tous les États membres de l’UA devaient avoir ratifié l’ensemble des conventions relatives aux droits de l’Homme, démontrant un engagement ferme envers ces principes. Cependant, bien que des progrès significatifs aient été réalisés, tous les États membres n’avaient pas ratifié l’ensemble des conventions à cette date. Les efforts se pour-suivent pour assurer une ratification complète et une mise en œuvre uniforme des conven-tions relatives aux droits de l’Homme à travers le continent.
Traités des Droits de l’Homme Signés
Plusieurs pays africains ont signé des traités internationaux pour renforcer les droits de l’Homme. Parmi ceux-ci, on peut citer :
1 – Convention sur l’élimination de toutes les formes de dis-crimination à l’égard des femmes (CEDAW) : Bien que signée par de nombreux pays africains, l’applica-tion complète est souvent limitée par des réserves islamiques. Par exemple, le Maroc a signé cette convention mais maintient des ré-serves basées sur la loi islamique (charia).
2 – Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples : Adoptée par l’Union africaine, cette charte a été ratifiée par les États membres de l’UA. Cependant, la mise en œuvre va-rie considérablement d’un pays à l’autre.
3 – Protocole de Maputo : Ce protocole relatif aux droits des femmes en Afrique a été signé par de nombreux pays africains. Le Soudan, par exemple, a récemment fait des progrès en criminalisant les mutila-tions génitales féminines (MGF).
Collaboration avec l’Union Euro-péenne : L’Union européenne joue un rôle clé dans le soutien des initia-tives africaines en matière de droits de l’Homme. Par exemple, la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique a aidé des pays comme la Somalie, la République centrafricaine et le Mali à restau-rer la paix. Face aux menaces mondiales et crises régionales, une Union africaine forte et résiliente est impérative.
Il est donc approprié de mentionner la colla-boration avec l’UE dans le contexte des droits de l’Homme et de la sécurité en Afrique, car elle est basée sur des faits avérés et reflète la réalité des relations intercontinentales.

Pressions Internationales et Droits de l’Homme
L’Europe joue également un rôle significatif dans la promotion des droits de l’Homme en Afrique par le biais de pressions diploma-tiques et économiques. Par exemple, l’UE a exercé des pressions sur des pays comme le Maroc pour qu’ils adoptent des lois plus in-clusives envers les droits des femmes et des personnes LGBT. Bien que ces pressions soient souvent perçues comme une ingé-rence dans les affaires internes, elles visent à encourager une plus grande acceptation des droits de l’Homme universels.
Le Maroc a signé plusieurs traités internatio-naux relatifs aux droits de l’Homme, mais souvent avec des réserves islamiques qui li-mitent l’application complète de ces traités. Un exemple marquant est l’association Kifkif, une organisation LGBT fondée au Maroc en 2005 pour soutenir les droits des personnes LGBT. Dès 2006, Kifkif a tenté d’obtenir une reconnaissance légale au Maroc, mais ces tentatives ont échoué en raison de l’environ-nement juridique et social. En conséquence, Kifkif s’est officiellement enregistrée en Es-pagne en 2008, où elle continue de soutenir les individus LGBTQ+ originaires du Maroc et d’autres pays d’Afrique du Nord tout en opé-rant principalement dans le territoire espa-gnol.
En matière de droits des femmes, l’UE a sou-tenu des initiatives pour lutter contre les mu-tilations génitales féminines en Afrique. En 2020, le Soudan a criminalisé les MGF, une avancée significative pour les droits des femmes dans la région. De plus, le Rwanda a mis en place des politiques exemplaires pour promouvoir l’égalité des sexes, incluant un parlement à majorité féminine, ce qui est unique en Afrique et rare dans le monde. La lutte contre la traite des êtres humains est également une priorité. Des pays comme le Nigeria, avec le soutien de l’UE, ont intensifié leurs efforts pour combattre ce fléau. Des programmes de réhabilitation pour les vic-times de la traite et des campagnes de sensi-bilisation ont été mis en place pour prévenir ce crime.
La Crise Migratoire et la Coopération
La crise migratoire actuelle, enracinée en par-tie dans des conflits violents, souligne la né-cessité de renforcer la coopération. Des millions de personnes quittent leurs villages en Afrique pour chercher la sécurité et de nou-velles perspectives en Europe. Pour gérer cette mobilité humaine, l’UE et l’UA doivent travailler ensemble pour lutter contre les causes profondes des migrations illégales, fa-voriser la mobilité de la main-d’œuvre, ré-duire les coûts des envois de fonds, renforcer la protection internationale et lutter contre le trafic d’êtres humains.
Un Optimisme Justifié pour l’Avenir Malgré les défis, l’optimisme est de mise quant à l’avenir de l’Afrique et de l’Europe. Depuis plus d’une décennie, le continent afri-cain connaît une croissance économique soutenue et attire de plus en plus d’entre-prises. Les échanges commerciaux avec l’UE ont augmenté de 50% depuis 2007, et les in-vestissements européens en Afrique sont si-gnificatifs, atteignant des niveaux élevés chaque année.
En travaillant ensemble, l’Afrique et l’Europe peuvent bâtir un avenir prospère et durable pour leurs citoyens. Le prochain sommet UE-Afrique, prévu en 2025, sera une étape cru-ciale pour renforcer cette collaboration et promouvoir un développement humain du-rable et inclusif.
El Mehdi BOUFADDI




