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SOMMET CHINE-AFRIQUE : PROMESSES ET PRUDENCE CHINOISES

Entre engagements économiques et prudence sécuritaire, Pékin ménage ses relations avec l'Afrique.

L’heure du bilan du Forum n’est pas encore venue, il est encore trop tôt pour cela. Cependant, alors que certaines délégations africaines commencent à quitter la Chine, deux points essentiels ressortent déjà : l’engagement de la Chine à prêter 50 milliards de dollars à l’Afrique, et le faible intérêt accordé aux questions sécuritaires par les partenaires chinois.

Fidèle à sa doctrine en matière d’engagements militaires à l’étranger, Pékin a fait preuve de prudence face à ses interlocuteurs africains sur les questions de sécurité. Pourtant, pour de nombreux pays africains en proie aux conflits, notamment ceux du Sahel confrontés aux attaques des groupes djihadistes, l’espoir d’une coopération militaire renforcée avec la Chine était bien présent à leur arrivée à Pékin. Des négociations ont d’ailleurs eu lieu durant le Forum pour la signature d’accords sur la fourniture d’équipements militaires, la technologie et la formation des soldats.

Malgré ces attentes, seul le Mali a signé un accord préliminaire à l’occasion du 9ème sommet du Forum sur la coopération sino-africaine, portant sur l’acquisition de nouveaux équipements militaires. Le président chinois a déclaré que « les relations entre le Mali et la Chine seront désormais élevées au rang de partenariat stratégique ». Le Mali a également bénéficié récemment de formations pour ses militaires, dispensées par des experts chinois, dans les domaines de la communication et de l’informatique.

Fidèle à sa politique de retenue et de modération, notamment en ce qui concerne les interventions militaires à l’étranger, la Chine a donc adopté une approche prudente vis-à-vis de la coopération sécuritaire avec l’Afrique. Comme l’a souligné Valérie Niquet, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique, sur RFI : « Pékin est très prudent en ce qui concerne l’engagement dans les questions de sécurité. »

Malgré la détérioration de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, qui menace directement ses intérêts économiques – notamment l’oléoduc Niger-Bénin, actuellement à l’arrêt en raison du conflit entre ces deux pays – la Chine n’a pas opté pour une intervention militaire. Elle a préféré maintenir une position de retenue, là où d’autres puissances auraient peut-être choisi d’utiliser la force armée, avec des conséquences potentiellement néfastes pour les populations locales.

En ce qui concerne les promesses économiques faites lors de ce forum, leur réalisation dépendra avant tout des dirigeants africains.

Un budget modeste pour la coopération militaire

Sur les 50 milliards de dollars prévus sur trois ans pour couvrir dix priorités, Pékin n’a alloué que 140 millions à la sécurité, un domaine relégué en dernière position. De plus, cette somme est dédiée à la « sécurité commune, sécurité mondiale », sous forme d’« aide militaire à l’Afrique sans contrepartie ». Il s’agit principalement de protéger les investissements chinois dans un contexte géopolitique de plus en plus compétitif, notamment face aux États-Unis pour l’accès aux ressources naturelles.

En matière de coopération militaire, nombreux sont les dirigeants africains qui repartent du sommet avec plus de promesses que de contrats réellement concluants.

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