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SOMMET EUROPÉEN D’OCTOBRE 2024 : CRISE MIGRATOIRE ET DÉSACCORDS AU SEIN DE L’UE

Les 16 et 17 octobre derniers, le sommet des dirigeants de l’Union européenne s’est soldé par un constat amer : l’incapacité à parvenir à un consensus sur la gestion de la migration. Sujet central des discussions, l’immigration reste un défi majeur pour l’Union, mais les divergences d’opinions ont empêché tout progrès concret. La seule avancée significative a été la réaffirmation de la nécessité d’une réponse collective et européenne à ce phénomène, sans toutefois préciser d’actions immédiates.

La sous-traitance des demandes d’asile : une cause de blocage

Le cœur du problème semble se situer autour des accords bilatéraux, comme celui signé récemment entre l’Italie et l’Albanie. Cet accord permet à l’Italie de transférer l’examen des demandes d’asile en Albanie, un mécanisme critiqué et contesté, notamment par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Si certains États membres pourraient y voir une solution pratique, d’autres craignent une dérive dangereuse.

Retour des migrants déboutés : un point de discorde

La question des retours des migrants dont les demandes d’asile ont été rejetées constitue un autre point de tension. Comment renforcer les mécanismes de retour ? La mise en place de « hubs de retour », proposés pour externaliser l’expulsion des migrants, divise les États membres. Ces centres, bien que mentionnés, n’ont pas fait partie de la déclaration finale. Leur efficacité est remise en question, notamment par le chancelier allemand Olaf Scholz, qui les qualifie de « goutte d’eau dans la lutte contre l’immigration irrégulière ».

Vers la remise en cause de l’espace Schengen ?

La montée en puissance des partis d’extrême droite lors des élections européennes de juin 2024 commence à influencer les politiques migratoires. De plus, des pays comme l’Allemagne ont réintroduit des contrôles à leurs frontières, craignant un afflux incontrôlé de migrants. Cette tendance à vouloir renforcer les frontières nationales pourrait entraîner un dysfonctionnement de l’espace Schengen, autrefois symbole de libre circulation en Europe.

L’absence d’un accord global sur la question migratoire laisse entrevoir un futur incertain pour l’UE. L’équilibre entre la solidarité et la responsabilité individuelle des États membres semble toujours hors d’atteinte. La migration, véritable test pour l’unité européenne, continue de semer la discorde.

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