
Lors du 38ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, Mahamoud Ali Youssouf, diplomate djiboutien de 59 ans, a été élu président de la Commission de l’Union africaine au 7ᵉ tour de scrutin. Il succède ainsi à Moussa Faki Mahamat, en poste depuis 2017.
Fort d’une expérience diplomatique de deux décennies en tant que ministre des Affaires étrangères de Djibouti, Mahamoud Ali Youssouf est reconnu pour son expertise en relations internationales. Polyglotte, maîtrisant l’anglais, le français et l’arabe, il dispose d’un profil idéal pour représenter les intérêts du continent sur la scène internationale.
Une élection disputée
Le processus électoral a été marqué par une compétition serrée entre trois candidats issus de l’Afrique de l’Est. Considéré comme l’outsider, Mahamoud Ali Youssouf a finalement surpassé le favori, le Kényan Raila Odinga, vétéran de la diplomatie âgé de 80 ans. Sa victoire a été largement facilitée par le report des voix du Malgache Richard Randriamandrato, éliminé lors des tours précédents.
Des défis stratégiques majeurs
Le nouveau président de la Commission de l’Union africaine prend ses fonctions à un moment crucial pour le continent, confronté à de multiples crises. Parmi les priorités immédiates figurent :
- La gestion des conflits armés, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo et au Soudan, où l’Union africaine doit jouer un rôle plus central dans la médiation et la consolidation de la paix.
- Le renforcement de l’autonomie de l’UA, en réduisant la dépendance aux organisations régionales dans la résolution des crises et en instaurant une stratégie panafricaine coordonnée.
- Les enjeux économiques et de développement, exacerbés par la décision des États-Unis, sous l’administration Donald Trump, de réduire leur engagement dans plusieurs programmes d’aide au développement.
Face à ces défis, Mahamoud Ali Youssouf devra accélérer l’intégration régionale, renforcer la coopération économique inter-africaine et promouvoir la diversification des ressources pour assurer une croissance durable et autonome du continent.
Avec son expérience diplomatique et sa vision stratégique, le nouveau président de la Commission de l’Union africaine est attendu sur des réformes ambitieuses visant à renforcer la place de l’Afrique sur l’échiquier international.
Par Jean Boole



