
Selon un rapport publié le 12 mai 2025 par l’organisation Human Rights Watch (HRW), l’armée burkinabè, appuyée par des milices pro-gouvernementales appelées Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), aurait tué au moins 130 civils appartenant à l’ethnie peule dans la région de Solenzo, à l’ouest du Burkina Faso.
Les tueries se seraient déroulées en mars lors d’une opération militaire censée viser des groupes armés. Des témoins ont décrit des exécutions sommaires de femmes, d’enfants et d’hommes, pendant que des drones et hélicoptères militaires survolaient la zone, suggérant une coordination directe par l’armée.
« Les VDP ont tiré sur nous comme si nous étions des bêtes. Les femmes et les enfants n’ont pas pu fuir, beaucoup sont morts sur place », témoigne un survivant ayant perdu huit membres de sa famille.
Ces événements auraient également déclenché des représailles de la part du groupe jihadiste Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), lié à Al-Qaïda, aggravant la situation sécuritaire et forçant des centaines de civils à fuir vers le Mali.
Depuis le coup d’État militaire de 2022, plus de 60 % du territoire burkinabè échappe au contrôle de l’État. La stratégie des autorités, basée sur l’armement massif des VDP, est fortement critiquée pour ses dérives et pour l’aggravation des tensions communautaires, notamment entre Peuls et Mossis.
HRW appelle à l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et avertit que ces violences pourraient constituer des crimes contre l’humanité. À ce jour, aucune réaction officielle du gouvernement n’a été enregistrée.
Sources : Human Rights Watch



