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Déplacements internes : un record sombre de 83,4 millions de personnes déracinées en 2024

Le monde a franchi un cap tragique en 2024 : le nombre de déplacés internes a atteint 83,4 millions de personnes, soit le double du chiffre enregistré il y a seulement six ans. Ce constat alarmant figure dans le Rapport mondial sur les déplacements internes 2025, publié ce mardi par l’Observatoire des déplacements internes (IDMC).

Les conflits, moteur principal des déplacements

Selon le rapport, 90 % des déplacés internes – soit 73,5 millions de personnes – ont été contraintes de fuir leurs foyers en raison de conflits armés ou de violences généralisées. Une fois de plus, l’Afrique se retrouve au cœur de cette crise silencieuse.

Le Soudan arrive en tête des pays les plus touchés, avec 11,6 millions de déplacés internes. Une conséquence directe de la guerre qui ravage le pays depuis avril 2023, opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide dans une lutte de pouvoir meurtrière.

Derrière le Soudan, la Palestine et la République démocratique du Congo enregistrent également des niveaux critiques de déplacement, illustrant l’ampleur d’un phénomène qui dépasse les frontières et les contextes géopolitiques.

Le climat comme catalyseur de crise

Mais les conflits ne sont pas les seuls coupables. Le changement climatique exacerbe les risques naturels, entraînant des déplacements massifs. En 2024, 45,8 millions de déplacements internes ont été causés par des catastrophes naturelles, un chiffre record depuis la création de cet indicateur.

Parmi ces catastrophes, les inondations ont été responsables de 42 % des mouvements. Le phénomène s’est étendu du Tchad au Brésil, en passant par l’Afghanistan, les Philippines et plusieurs pays d’Europe, démontrant qu’aucun continent n’a été épargné.

Une crise mondiale, une réponse inégale

Si les chiffres sont mondiaux, les réponses restent profondément inégalitaires. Les pays du Sud, particulièrement en Afrique, portent le fardeau des déplacements internes sans bénéficier de la solidarité internationale proportionnelle aux enjeux. Le manque de financement, d’infrastructures d’accueil et de stratégies de réintégration rend la crise encore plus difficile à contenir.

Un appel à l’action mondiale

Alors que les chiffres explosent, le silence politique demeure assourdissant. Le rapport de l’IDMC sonne comme un appel urgent aux gouvernements, bailleurs internationaux et organisations humanitaires : agir maintenant, avant que la crise des déplacés internes ne devienne la norme d’un désordre mondial durable.


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