
Par la rédaction d’Africa Dixit
Au cours des derniers mois, la Mauritanie a intensifié ses opérations de contrôle migratoire, procédant à l’expulsion de centaines de migrants ouest-africains vers le Sénégal et le Mali. Ces actions ont suscité l’indignation des pays voisins et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des violations des droits fondamentaux des migrants. Le gouvernement mauritanien, quant à lui, affirme agir dans le cadre de la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, en collaboration avec l’Union européenne.
Des expulsions massives et controversées
Selon l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), environ 1 200 personnes ont été expulsées en mars 2025, dont près de 700 disposaient de permis de séjour valides. Des témoignages recueillis par des médias internationaux font état d’arrestations arbitraires, de détentions dans des conditions précaires et de mauvais traitements infligés aux migrants. Une femme expulsée vers le Sénégal a déclaré à TV5 Monde : « Nous avons souffert là-bas. C’était vraiment dur. »
Réactions des pays voisins
Le Mali a exprimé son « indignation » face au traitement réservé à ses ressortissants, dénonçant des arrestations en violation flagrante des droits humains. Au Sénégal, un député a qualifié ces expulsions de « xénophobes » et a appelé à une enquête gouvernementale. Hassan Ould Moctar, chercheur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres, a souligné que l’intensité des expulsions et la violence utilisée sont sans précédent.
Pressions européennes et accords financiers
La Mauritanie a signé en février 2024 un accord avec l’Union européenne, prévoyant une aide de 210 millions d’euros pour renforcer le contrôle des frontières et lutter contre l’immigration irrégulière. Ce partenariat inclut également une coopération avec l’agence Frontex pour améliorer les capacités de recherche et de sauvetage en mer. Cependant, des enquêtes journalistiques ont révélé que des fonds européens ont été utilisés pour financer des pratiques de refoulement de migrants dans des zones désertiques, soulevant des préoccupations quant au respect des droits humains.
Une politique migratoire sous tension
Le gouvernement mauritanien défend sa politique migratoire en affirmant qu’elle vise à démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains et à prévenir les départs vers l’Europe. Néanmoins, les critiques persistent quant aux méthodes employées et à la coopération avec l’Union européenne, perçue comme une externalisation des frontières européennes au détriment des droits des migrants. Les tensions diplomatiques avec les pays voisins et les préoccupations des organisations de défense des droits humains mettent en lumière les défis complexes auxquels est confrontée la Mauritanie dans la gestion des flux migratoires.



