
Par la rédaction d’Africa Dixit
l’Ouganda fait face aux conséquences d’une montée significative des frais de scolarité dans les écoles catholiques, freinant l’accès à l’éducation pour les familles les plus vulnérables. Des cas de parents sommés de régler une partie importante des frais en amont — parfois jusqu’à 60 % — sont devenus fréquents, entraînant retards, abandon scolaire, voire humiliation publique.
Cette tendance est symptomatique d’un phénomène régional : la commercialisation progressive de l’éducation, au détriment du modèle confessionnel traditionnel. Lors d’un sommet syndical à Kampala (15‑16 mai 2025), des représentants enseignants de six pays d’Afrique de l’Est ont dénoncé cette dérive, illustrant un recul vers une éducation à deux vitesses, en rupture avec les
Objectifs de Développement Durable (ODD 4) qui prônent une éducation équitable et accessible à tous .
Le poids financier devient insoutenable : dans certaines écoles catholiques, les frais trimestriels s’élèvent à 300–800 USD — un luxe pour un pays où le revenu moyen tourne autour de 864 USD par an.Résultat : des élèves renvoyés quelques semaines après la rentrée, faute de paiement complet, alors que certaines familles négocient avec des légumes plutôt que de l’argent liquide .
Les acteurs de terrain appellent à des régulations strictes. Le syndicat enseignant kenyan KNUT qualifie la privatisation de « cancer à éliminer » et parle de « virus » dévorant le système éducatif ougandais. De leur côté, les évêques ougandais demandent la mise en place d’un encadrement officiel des frais, la réforme des subventions publiques, l’harmonisation des salaires enseignants et un cadre légal protégeant les élèves des politiques tarifaires trop agressives .
Paradoxalement, certains parents optent toujours pour les établissements privés perçus comme plus efficaces, en raison de la lenteur, des infrastructures limitées et du sous‑encadrement du système public .



