Par la rédaction d’Africa Dixit
Le 21 mai 2025, une rencontre diplomatique entre le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue américain Donald Trump s’est transformée en confrontation publique. Diffusée en direct depuis le Bureau ovale, la réunion a été marquée par des accusations infondées de « génocide blanc » en Afrique du Sud, lancées par Trump, et par une réponse ferme mais mesurée de Ramaphosa.
Une tentative de rapprochement diplomatique
Le président Ramaphosa s’était rendu à Washington avec l’intention de rétablir des relations bilatérales mises à mal par la suspension de l’aide américaine et l’expulsion de l’ambassadeur sud-africain. Pour apaiser les tensions, il avait convié à la rencontre deux golfeurs sud-africains de renom, Ernie Els et Retief Goosen, ainsi que l’homme d’affaires Johann Rupert. Il a également offert à Trump un ouvrage de 14 kg sur les parcours de golf sud-africains, espérant ainsi créer un climat propice au dialogue.
Des accusations controversées
Cependant, dès le début de la réunion, Trump a diffusé des vidéos montrant des Sud-Africains chantant « Kill the Boer », affirmant qu’elles prouvaient l’existence d’un génocide contre les Afrikaners blancs. Il a également évoqué le programme américain de réinstallation de 59 Sud-Africains blancs, présenté comme une réponse à une prétendue persécution raciale.
Ramaphosa a rejeté ces allégations, soulignant que la criminalité en Afrique du Sud touche principalement les populations noires et qu’il n’existe aucune politique gouvernementale visant spécifiquement les Blancs. Il a déclaré : « S’il y avait un génocide contre les fermiers afrikaners, ces trois messieurs ne seraient pas ici », en référence à Els, Goosen et Rupert.
Réactions et implications
Les experts sud-africains ont qualifié les affirmations de Trump de « fantasmes sans fondement ». Le professeur Saul Dubow de l’Université de Cambridge a précisé que la violence en Afrique du Sud est principalement criminelle et non politique, bien que le contexte d’inégalités raciales historiques ne puisse être ignoré.
Certains observateurs estiment que les accusations de Trump pourraient être liées à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice en décembre 2023, une initiative qui a irrité Washington.
Malgré la tension, Ramaphosa a qualifié la réunion de « très positive », affirmant qu’elle avait permis de clarifier les positions et d’ouvrir la voie à des discussions futures sur des sujets tels que les minéraux critiques et le commerce du gaz naturel liquéfié.
Vers une redéfinition des relations bilatérales
Cette confrontation publique souligne les divergences croissantes entre les États-Unis et l’Afrique du Sud sur des questions de politique intérieure et internationale. Alors que Pretoria cherche à diversifier ses partenariats, notamment avec les pays des BRICS, cette rencontre pourrait marquer un tournant dans les relations entre les deux nations.



