Par la rédaction d’Africa Dixit
Dans un rapport publié le 27 mai 2025, Amnesty International accuse le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, de graves violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les exactions incluent des actes de torture, des exécutions sommaires et des disparitions forcées dans les villes de Goma et Bukavu, sous contrôle rebelle depuis le début de l’année.
Détentions arbitraires et tortures systématiques
Entre février et avril 2025, Amnesty a recueilli les témoignages de 18 anciens détenus, accusés sans preuve de soutenir le gouvernement congolais ou l’armée. Ces personnes ont été enfermées dans des cellules surpeuplées, sans accès adéquat à la nourriture, à l’eau, à l’assainissement ou aux soins médicaux. Certains ont assisté à la mort de codétenus, tués à coups de marteau ou par balle.
Disparitions forcées et climat de terreur
Les familles des disparus, souvent repoussées par les combattants du M23, sont confrontées à un silence inquiétant. Amnesty qualifie ces actes de disparitions forcées, une violation grave du droit international humanitaire. Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est et australe, déclare : « Le M23 punit brutalement ceux qu’il considère comme opposants et intimide les autres pour qu’ils n’osent pas les défier. »
Soutien rwandais et impunité persistante
Le M23, actif depuis 2021, est accusé par l’ONU et le gouvernement congolais de recevoir un soutien militaire du Rwanda, incluant des armes et environ 4 000 soldats. Kigali dément ces allégations. Malgré des engagements récents en faveur d’un cessez-le-feu, les combats se poursuivent, exacerbant une crise humanitaire qui a déplacé plus de sept millions de personnes.
Appels à l’action internationale
Amnesty International exhorte la communauté internationale à faire pression sur le Rwanda pour qu’il cesse son soutien au M23 et à soutenir les efforts visant à traduire les responsables en justice. Les violations documentées pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, selon le droit international.



