
Par la rédaction d’Africa Dixit
Au Sénégal, la campagne anticorruption menée par le président Bassirou Diomaye Faye connaît une intensification notable. Le 27 mai 2025, Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et beau-frère de l’ex-président Macky Sall, a été inculpé pour détournement présumé de fonds publics et placé en détention provisoire. Selon un rapport parlementaire, il aurait détourné plus de 4,6 millions de dollars de fonds publics.
Une série d’inculpations au sein de l’ancien gouvernement
Cette arrestation porte à cinq le nombre d’anciens ministres du gouvernement de Macky Sall inculpés pour des faits de corruption ou de détournement de fonds. Parmi eux :
- Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel, soupçonné d’avoir détourné environ 4 millions de dollars du fonds de lutte contre la pandémie de Covid-19.
- Aïssatou Sophie Gladima, ex-ministre des Mines, accusée d’avoir détourné 330 000 dollars destinés aux mineurs affectés par la crise sanitaire.
- Salimata Diop, ancienne ministre de la Femme, inculpée pour complicité de détournement de fonds, puis libérée sous caution.
- Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, inculpé pour tentative de corruption et assigné à résidence sous bracelet électronique.
Une volonté politique affirmée
Le président Faye, élu en mars 2024, a fait de la lutte contre la corruption un pilier de son mandat. Depuis son investiture, les autorités judiciaires ont ouvert plusieurs enquêtes visant des hauts responsables de l’ancien régime. La Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens membres du gouvernement, joue un rôle central dans ces procédures.
Réactions et perspectives
Ces inculpations suscitent des réactions partagées au sein de la classe politique et de la société civile. Certains y voient une avancée significative dans la lutte contre l’impunité, tandis que d’autres s’interrogent sur la possibilité d’une instrumentalisation politique de la justice. Quoi qu’il en soit, ces développements marquent un tournant dans la gouvernance sénégalaise et pourraient avoir des répercussions durables sur la perception de la corruption dans le pays.



