A LA UNEPolitique

Le Conseil de sécurité de l’ONU prolonge l’embargo sur les armes au Soudan du Sud malgré les pressions africaines

Par la rédaction d’Africa Dixit

Le 30 mai 2024, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté la prolongation de l’embargo sur les armes imposé au Soudan du Sud, en dépit des appels de plusieurs États africains et de membres influents du Conseil en faveur de sa levée. La résolution 2731 (2024) a été adoptée par 9 voix pour et 6 abstentions, prolongeant les sanctions, y compris les interdictions de voyage et le gel des avoirs, jusqu’au 31 mai 2025.

Des tensions persistantes et une paix fragile

Depuis la signature de l’accord de paix revitalisé en 2018, le Soudan du Sud peine à stabiliser sa situation politique et sécuritaire. Les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes d’opposition, notamment ceux affiliés au Premier Vice-Président Riek Machar, ont repris, compromettant les efforts de réconciliation nationale. En mars 2025, des frappes aériennes près de Juba ont fait craindre un retour à la guerre civile, tandis que des attaques dans l’État du Haut-Nil ont entraîné des déplacements massifs de populations civiles.

Un embargo contesté mais jugé nécessaire

Malgré les critiques, notamment de la part de l’Union africaine et de pays comme la Russie et la Chine, l’embargo est considéré par certains membres du Conseil comme un outil essentiel pour limiter l’afflux d’armes dans une région déjà instable. Le représentant adjoint des États-Unis auprès de l’ONU, Robert Wood, a souligné que « trop de personnes – en particulier des femmes et des enfants – ont souffert de cette violence persistante ».

Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer l’impact négatif de ces sanctions sur la capacité du gouvernement sud-soudanais à former des forces de sécurité unifiées et à assurer la stabilité du pays. L’ambassadrice du Soudan du Sud auprès de l’ONU, Cecilia Adeng, a plaidé pour une approche plus équilibrée, affirmant que la levée de l’embargo aiderait à renforcer les institutions de sécurité essentielles pour la paix.

Violations de l’embargo et préoccupations régionales

Des incidents récents ont mis en lumière des violations présumées de l’embargo. En mars 2025, le Premier Vice-Président Riek Machar a accusé l’Ouganda d’avoir violé l’embargo en déployant des troupes et en menant des frappes aériennes sur le territoire sud-soudanais sans autorisation du Conseil de sécurité. L’Ouganda a justifié son intervention comme une réponse aux affrontements impliquant des milices ethniques, exacerbant ainsi les tensions régionales.

Perspectives et conditions de levée des sanctions

La résolution adoptée par le Conseil de sécurité prévoit une réévaluation des sanctions en fonction des progrès réalisés sur des critères clés, tels que la mise en œuvre de l’accord de paix et la réforme du secteur de la sécurité. Le Secrétaire général de l’ONU est chargé de présenter un rapport d’évaluation d’ici le 15 avril 2025.

Alors que le Soudan du Sud se prépare à des élections prévues pour 2026, la communauté internationale reste attentive à l’évolution de la situation, soulignant l’importance d’un engagement soutenu pour garantir une paix durable dans le pays le plus jeune du monde.

Articles Liés

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page