
Par la rédaction d’Africa Dixit
la Namibie a observé pour la première fois la Journée de Commémoration du Génocide, rendant hommage aux dizaines de milliers de victimes des massacres perpétrés par les forces coloniales allemandes entre 1904 et 1908. Cette date symbolique marque la fermeture officielle des camps de concentration allemands, où de nombreux Herero et Nama ont péri.
Lors de la cérémonie organisée dans les jardins du Parlement à Windhoek, la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah a réitéré l’appel à des réparations appropriées de la part de l’Allemagne, soulignant que les discussions entamées depuis 2013 n’ont pas abouti à un accord satisfaisant. Bien que l’Allemagne ait reconnu le génocide en 2021 et proposé une aide au développement de plus d’un milliard d’euros sur 30 ans, cette offre est largement perçue comme insuffisante par les descendants des victimes, qui réclament des compensations directes et la restitution des terres ancestrales.
Des représentants des communautés Herero et Nama ont exprimé leur mécontentement face à leur exclusion des négociations bilatérales entre les gouvernements namibien et allemand. Le chef traditionnel Herero, Mutjinde Katjiua, a dénoncé le manque de reconnaissance officielle et l’absence de monuments commémoratifs dédiés aux victimes du génocide.
La cérémonie a rassemblé environ 1 000 personnes, dont l’ambassadeur d’Allemagne en Namibie. Des bougies ont été allumées en mémoire des victimes, suivies d’une minute de silence, de chants et de discours.
Cette journée de commémoration met en lumière les blessures encore ouvertes du passé colonial de la Namibie et souligne l’importance d’une reconnaissance et de réparations justes pour les communautés affectées.



