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Nigeria : la flambée des prix des béliers assombrit l’Aïd al-Adha 2025

Par la rédaction d’Africa Dixit

À l’approche de l’Aïd al-Adha, prévu le 6 juin 2025, les musulmans du Nigeria se heurtent à une hausse vertigineuse des prix des béliers, rendant difficile l’accomplissement du sacrifice rituel. Cette situation est attribuée à une combinaison de facteurs économiques, sécuritaires et logistiques.

Des prix multipliés par deux voire trois

Sur les marchés traditionnels, tels que celui de Kara dans l’État d’Ogun, les prix des béliers ont doublé, voire triplé, par rapport à l’année précédente. Abiodun Akinyoye, un agent de voyage, témoigne : « Le bélier que j’ai acheté aux alentours de 200 000 nairas l’année dernière, cette année, nous commençons à négocier à partir de 600 000 nairas » .

Cette inflation soudaine pousse de nombreux fidèles à revoir leurs plans. Eletu Olawale, un entrepreneur, confie : « L’année dernière, j’ai acheté trois béliers, mais cette année, je ne peux me permettre d’en acheter que deux en raison de la situation économique. Les prix de tous les produits ont grimpé en flèche » .

Des causes multiples : insécurité et restrictions commerciales

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée des prix. L’insécurité persistante dans certaines régions du pays entrave le transport du bétail, tandis que la fermeture des frontières, notamment avec le Niger, limite les importations. Ahmed Maikudi, un commerçant de bétail à Abuja, souligne : « Nous dépendions des importations en provenance du Niger et d’autres pays voisins, mais cette année, nous comptons uniquement sur l’approvisionnement local, ce qui est insuffisant ».

Cette situation est exacerbée par des tensions diplomatiques entre le Nigeria et certains de ses voisins, entraînant des restrictions sur le commerce transfrontalier .

Un impact sur les traditions religieuses

L’Aïd al-Adha, également connu sous le nom de Tabaski, est une fête majeure pour les musulmans, marquée par le sacrifice d’un animal en mémoire de la soumission d’Ibrahim à Dieu. Cependant, la hausse des prix menace cette tradition. De nombreux fidèles envisagent de se tourner vers des alternatives, telles que le sacrifice de chèvres ou de moutons plus petits, ou de participer à des sacrifices collectifs pour réduire les coûts.

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