Par la rédaction d’Africa Dixit
Une frappe aérienne menée par l’armée nigériane dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du pays, a causé la mort d’au moins 20 personnes, principalement des civils et des membres de groupes d’autodéfense locaux. L’incident, survenu le week-end dernier dans la localité de Tungar Kara, a déclenché une vague de critiques de la part des organisations de défense des droits humains, dénonçant une nouvelle bavure meurtrière des forces armées.
Une opération antiterroriste qui vire au drame
Selon le commandant de l’armée de l’air nigériane, le commodore Ehimen Ejodame, la frappe visait un rassemblement de « terroristes » s’apprêtant à attaquer des villages voisins. Cependant, des témoignages locaux rapportent que l’avion militaire a ciblé par erreur des membres de groupes de vigilance communautaires qui poursuivaient des bandits ayant attaqué les villages de Mani et Wabi, volant du bétail et enlevant plusieurs habitants. « Nos miliciens de Maraya et des villages voisins ont été frappés par un jet militaire alors qu’ils traquaient les bandits », a déclaré un résident à Reuters.
Des précédents inquiétants
Ce n’est pas la première fois que l’armée nigériane est impliquée dans des frappes ayant causé des pertes civiles. En janvier, une frappe similaire dans le district de Zurmi avait tué au moins 16 membres de groupes d’autodéfense. En décembre 2022, plus de 100 civils avaient perdu la vie à Mutunji lors d’une opération contre des bandits. Et en décembre 2023, une frappe sur un rassemblement religieux à Kaduna avait fait au moins 85 morts.
Appels à une enquête indépendante
Amnesty International a condamné cette nouvelle bavure, qualifiant les frappes aériennes répétées sur des zones civiles d' »absolument illégales ». L’organisation a appelé à une enquête complète et indépendante pour déterminer les responsabilités et prévenir de futures tragédies.
Un climat d’insécurité persistant
Le nord-ouest du Nigeria est en proie à une insécurité chronique, marquée par les activités de groupes armés appelés « bandits » qui multiplient les attaques, les enlèvements et les extorsions. Face à l’inefficacité des forces de sécurité, les communautés locales ont formé des groupes d’autodéfense pour se protéger, souvent avec peu de moyens et de formation. Cette situation complexe rend les opérations militaires délicates, avec un risque élevé de confusions tragiques.



