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Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : l’exclusion des figures majeures de l’opposition suscite l’inquiétude

Par la rédaction d’Africa Dixit

Le paysage politique ivoirien est secoué par l’annonce de l’exclusion de plusieurs figures emblématiques de l’opposition de la liste électorale définitive pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. Parmi les personnalités écartées figurent Tidjane Thiam, leader du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’ancien président Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro. Cette décision soulève des préoccupations quant à l’inclusivité et à la transparence du processus électoral dans un pays marqué par des antécédents de crises post-électorales.

Les motifs d’exclusion : entre légalité et controverse

Tidjane Thiam, ancien directeur général de Credit Suisse et figure montante de l’opposition, a été radié de la liste électorale en avril 2025. La Commission Électorale Indépendante (CEI) a justifié cette décision par sa double nationalité ivoirienne et française au moment de son inscription, bien que Thiam ait renoncé à sa nationalité française en mars 2025. Il a qualifié cette exclusion de « dérive vers une absence totale de démocratie » et a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour contester cette décision.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été exclus en raison de condamnations judiciaires liées à la crise post-électorale de 2010-2011. Guillaume Soro, ancien Premier ministre et leader rebelle, est également écarté après avoir été condamné par contumace à la prison à vie pour tentative de coup d’État.

Réactions et implications politiques

Le PDCI a dénoncé ces exclusions comme étant « injustes » et a appelé à des manifestations nationales pour défendre les principes démocratiques. Jean-Gervais Tchéidé, secrétaire général du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a exprimé sa déception face au refus des autorités d’engager un dialogue constructif, déclarant : « C’est une honte qu’ils aient choisi de passer en force » .

Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première dame et candidate déclarée, a souligné que les conditions n’étaient pas réunies pour une élection « paisible et calme », mettant en garde contre les risques de tensions similaires à celles de 2020.

Une élection sous haute tension

Le président sortant, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, figure sur la liste électorale mais n’a pas encore annoncé s’il briguerait un quatrième mandat. Les précédentes élections, notamment celle de 2020, ont été marquées par des violences et des boycotts de l’opposition, laissant craindre une répétition de ces troubles en 2025.

La CEI a indiqué qu’aucune révision de la liste électorale n’aurait lieu avant le scrutin, une décision qui pourrait exacerber les tensions dans un pays où près de la moitié des 30 millions d’habitants ont moins de 18 ans et où la participation électorale est un enjeu crucial .

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