Par la rédaction d’Africa Dixit
En avril 2024 et à nouveau en janvier 2025, une série de formations a été organisée à Beni (Nord‑Kivu, RDC) à l’intention des acteurs judiciaires et des forces de police, dans le but de perfectionner leurs compétences en investigation numérique, gestion des scènes de crime et analyse criminelle.
Ces sessions, initiées par la MONUSCO/UNPOL, ont réuni magistrats civils et militaires, inspecteurs judiciaires, agents de l’ANR, policiers de la PNC et officiers des FARDC, originaires principalement de Beni et Butembo. La première manche (9–25 avril 2024) accueillait douze participants, tandis que celle de janvier 2025 formait dix policiers pendant cinq jours.
L’objectif clair est de les doter d’outils numériques performants (téléphonie mobile, réseaux sociaux, logiciels d’analyse), indispensables dans un contexte où les groupes armés utilisent de plus en plus ces technologies pour organiser des attaques à l’Est de la RDC.
Témoignages de terrain
Major magistrat Georges Nkuwa Milosi (Butembo) a témoigné de l’importance de cette formation :
« cette formation va nous permettre d’exploiter … une réquisition de téléphonie mobile », soulignant que, auparavant, ils se débrouillaient « manuellement ».
De son côté, un inspecteur de police judiciaire indique :
« Cette formation va nous aider à apprendre comment diriger une enquête sur le terrain car Beni est un terrain très complexe ».
Impact attendu
- Modernisation des enquêtes : collecte, conservation et exploitation de preuves numériques avec rigueur, pour accompagner les magistrats dans l’instruction des dossiers .
- Sécurisation des scènes de crime : discipline et méthodologie évitant la contamination des lieux et la perte d’indices cruciaux.
- Effet multiplicateur : les participants doivent transmettre les compétences acquises à leurs collègues, créant ainsi un effet d’entraînement au sein de la PNC, de la justice et même des prisons locales.
Un besoin structurel
Ces formations s’inscrivent dans le mandat de la MONUSCO visant à lutter contre l’impunité et renforcer l’appui à la justice congolaise via des outils technologiques et une expertise issue de la police onusienne. Elles répondent notamment à la complexité sécuritaire de la zone de Beni, en proie à des violences d’origine armée et à des crises criminelles chroniques.



