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Le Rwanda se retire de la CEEAC : rupture historique dans la région

Par la rédaction d’Africa Dixit

le Rwanda a officiellement annoncé son retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), dénonçant ce qu’il qualifie d’« instrumentalisation » de l’organisation par la République démocratique du Congo (RDC) et certains États membres. Cette décision met en lumière de profondes divisions au sein de la sous‑région.

À l’occasion du 26ᵉ sommet de la CEEAC à Malabo (Guinée équatoriale), Kigali s’apprêtait à prendre la présidence tournante. Pourtant, les États présents ont décidé de prolonger le mandat de la Guinée équatoriale, écartant délibérément le Rwanda. Les diplomates rwandais accusent la RDC d’avoir déployé une « manœuvre politique » pour bloquer leur accession à la tête de l’organisation.

Selon Kigali, cette entrave à ses droits est symptomatique d’un blocage orchestré autour du conflit dans l’est congolais. Les combats menés par le groupe rebelle M23 — accusé, par la RDC, l’ONU et des puissances occidentales, de recevoir un soutien militaire rwandais — ont fait des milliers de morts et ravivé les tensions diplomatiques. Le gouvernement rwandais nie toute implication mais met en avant la nécessité de protéger ses frontières.

Cette décision marque un tournant historique. Le Rwanda, membre fondateur de l’organisation en 1981, s’était déjà retiré de la CEEAC en 2007 avant de la réintégrer en 2016. Sa nouvelle sortie fragilise désormais l’architecture régionale de coopération politique et économique.

Sur le plan diplomatique, le retrait rwandais intensifie un contexte déjà tendu entre Kigali et Kinshasa. Les appels internationaux à un règlement négocié sont constants – via Washington, Doha et des acteurs africains – mais les avancées restent limitées. Un accord de paix reste encore à conclure, dans une atmosphère assombrie par les divisions de la CEEAC.

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