
Par la rédaction d’Africa Dixit
Les pluies torrentielles et la neige qui ont balayé la province du Cap-Oriental ces derniers jours ont transformé des villages modestes en zones sinistrées. Au cœur de cette tragédie, les corps continuent d’être repêchés dans les eaux sombres : le bilan est passé, jeudi, d’abord à 67 morts, puis à 78 victimes confirmées.
Sur les routes autrefois paisibles, les rivières ont débordé, emportant des maisons de tôle et des morceaux de vies. À Mthatha, un minibus scolaire a été englouti : six enfants et deux adultes ont perdu la vie, et quatre enfants sont encore portés disparus.Plusieurs corps ont été retrouvés et des opérations de recherche se poursuivent.
Oscar Mabuyane, Premier ministre de la province, décrit une scène apocalyptique : habitations effondrées, moto‑taxi emportées, hôpitaux hors service. Les équipes de secours sont épuisées, mais elles restent déterminées à examiner chaque recoin, chaque gorge.
Ces intempéries, aggravées par un front froid venu de l’océan Indien, frappent les zones les plus vulnérables : quartiers informels installés sur les berges, constructions précaires. Ce n’est pas la première fois : il y a trois ans, des inondations similaires avaient causé 450 morts au Kwazulu‑Natal.
Dans les camps d’urgence, certains enfants posent les yeux sur rien, d’autres demandent où sont passés leurs camarades. La solidarité prime : voisins, ONG, jeunes et anciens s’organisent pour distribuer couvertures, repas chauds et réconfort. Mais cette chaleur humaine ne suffit pas à effacer la perte.
Les autorités appellent à la prudence et promettent davantage de moyens : renforcement des digues, ponts mieux bâtis, surveillance météo renforcée. Pourtant, beaucoup craignent que la réponse reste partielle, sans fonds suffisants ni programme de relogement durable.
Et pourtant, tandis que l’hivers s’achève, l’été arrivera bientôt. Et avec lui, la question lancinante : saurons-nous éviter que la prochaine crue ne fasse à nouveau couler le sang ?



