
Par la rédaction d’Africa Dixit
Le sommet du G7 qui s’ouvre ce week-end au Canada ne ressemble en rien aux éditions précédentes. Oubliez les sourires protocolaires et les communiqués de façade. Cette année, à Kananaskis, en plein cœur des Rocheuses canadiennes, c’est une ambiance tendue, presque électrique, qui règne.
D’un côté, une guerre ouverte entre Israël et l’Iran qui inquiète l’ensemble du globe. De l’autre, un conflit ukrainien toujours enlisé. Et entre les deux, un Donald Trump revenu à la Maison-Blanche, toujours aussi imprévisible, voire explosif.
Trump au centre de toutes les attentions
Depuis son retour au pouvoir, Trump n’a rien perdu de son style brutal. En quelques semaines, il a relancé les menaces de taxes sur l’acier canadien, bousculé l’ordre commercial mondial, et semé l’incertitude dans les rangs de ses alliés.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, fraîchement arrivé au pouvoir, a donc préféré jouer la prudence : pas de communiqué final cette année. Il mise plutôt sur des « résumés thématiques » pour éviter l’impasse. Une décision qui en dit long sur la difficulté à faire consensus.
Ramaphosa–Trump : une rencontre à suivre de près
Parmi les moments les plus attendus de ce sommet figure une rencontre bilatérale entre Donald Trump et le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Leur dernier échange, à Washington, avait été tout sauf cordial. Trump s’était laissé aller à des propos controversés sur l’Afrique du Sud, évoquant même un supposé « génocide blanc », propos immédiatement dénoncés par Pretoria.
Cette fois, Ramaphosa revient avec l’intention claire de défendre la réputation de son pays, mais aussi de redonner un cadre plus stable aux relations entre l’Afrique du Sud et les États-Unis. Une tâche difficile, tant Trump reste imprévisible.
Un sommet, plusieurs lignes de fracture
Ce G7, censé montrer l’unité des grandes puissances démocratiques, reflète au contraire leurs divergences profondes. Sur l’Ukraine, les approches varient. Sur le conflit israélo-iranien, les intérêts divergent. Et sur le commerce mondial, chacun semble jouer sa propre partition.
Même les sujets supposés fédérateurs – comme la lutte contre la désinformation, la réforme de l’OMC, ou les chaînes d’approvisionnement – peinent à cacher les tensions.
Et l’Afrique dans tout ça ?
La présence de l’Afrique du Sud ne passe pas inaperçue. Elle illustre un fait devenu incontestable : l’Afrique n’est plus un figurant dans les débats mondiaux, elle devient un acteur écouté – parfois critiqué, souvent courtisé.
Ramaphosa, même isolé au sein du G7, sait que chaque mot qu’il prononcera pèsera bien au-delà de Kananaskis. Car derrière les jeux de pouvoir des grandes puissances, l’Afrique reste une force montante, dont la voix compte de plus en plus dans les affaires du monde.



