A LA UNEPolitique

Wagner vs Africa Corps : le nouvel enjeu des paramilitaires russes au Mali

Par la rédaction d’Africa Dixit

Depuis le départ officiel du groupe Wagner du Mali début juin 2025, c’est désormais l’Africa Corps, entièrement contrôlé par le ministère russe de la Défense et les services de renseignement militaires (GRU), qui prend le relais pour étendre l’influence militaire russe au Sahel.

Transition en profondeur

Wagner a quitté le terrain après de lourdes pertes face aux groupes djihadistes, notamment lors d’une embuscade meurtrière près de Tinzaouaten. Ce retrait rapide marque un tournant majeur : l’Africa Corps, composé à 70–80 % d’anciens éléments de Wagner, assure désormais une présence renforcée au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en République centrafricaine.

Montée en puissance discrète

Selon des sources concordantes, des cargos russes ont acheminé chars, canons, équipements de brouillage et même un avion de combat vers Bamako via Conakry en mai 2025. Cet arsenal avancé illustre la volonté de Moscou d’établir une force paramilitaire plus structurée, durable et officiellement adossée à l’État.

Contrôle étatique et finances douteuses

Contrairement à Wagner, Africa Corps est directement contrôlé par l’État russe via l’unité 29155 de la GRU, connue pour ses opérations spéciales à l’étranger. Le financement de cette force reposerait sur l’exploitation des ressources naturelles africaines — uranium, or, diamants — et viserait à contourner les sanctions occidentales tout en assurant un levier stratégique à Moscou sur le continent.

Risques sécuritaires et humanitaires

L’arrivée de l’Africa Corps soulève de graves inquiétudes : les réseaux djihadistes du Sahel sont toujours actifs, les transitions militaires affaiblissent les institutions civiles, et les violations des droits humains se sont multipliées sous la présence russe. Plusieurs massacres de civils, attribués à des unités pro-russes au Mali, continuent de susciter des condamnations internationales.

Une influence géopolitique renforcée

Dans un contexte de retrait occidental progressif du Sahel, la Russie occupe désormais un vide stratégique. En consolidant une présence paramilitaire étatique à travers Africa Corps, Moscou entend non seulement défendre ses intérêts économiques, mais aussi s’imposer comme partenaire sécuritaire incontournable des régimes militaires africains.

Articles Liés

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page