Par la rédaction d’Africa Dixit
Le 27 juin 2025, un accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda doit être formalisé à Washington. Porté par les pressions de l’administration Trump, ce traité ambitionne de mettre un terme au conflit de longue date alimenté par des groupes armés comme le M23.
L’accord prévoit le retrait des troupes rwandaises stationnées dans l’est de la RDC, la désarmement et l’intégration conditionnelle des milices, ainsi qu’un mécanisme de sécurité conjoint . Il inclurait aussi le retour des réfugiés et déplacés, la libéralisation de l’accès humanitaire et une coopération économique régionale.
Cependant, plusieurs observateurs avertissent que ce rapprochement pose un dilemme : substituer la guerre par une forme de « paix minière ». En effet, la RDC détient environ 70 % des réserves mondiales de cobalt, ainsi que des gisements de lithium, cuivre, or ou coltan, essentiels aux industries des technologies vertes. Washington souhaite en profiter pour limiter l’influence chinoise et favoriser les entreprises américaines en échange d’un appui sécuritaire .
Pour beaucoup, cette stratégie véhicule un risque majeur : l’exploitation des ressources naturelles remplacera-t-elle les combats ? Des voix dénoncent déjà la mise en péril de la souveraineté congolaise, la corruption chronique et le manque de mécanismes contraignants pour garantir la transparence des contrats miniers . Sans un contrôle indépendant, les richesses risquent de continuer à profiter aux élites, aux multinationales, voire aux groupes armés déguisés en acteurs économiques.
Les populations locales, quant à elles, restent sceptiques. Les violences ethniques, les disputes foncières non résolues et l’absence d’un véritable projet d’inclusion politique et sociale pourraient miner toute avancée. La réintégration des combattants (DDR) exige un cadre clair et des opportunités économiques durables : autrement, les retours en armes pourraient reprendre très vite.




