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Sommet de l’OTAN à La Haye : la soumission à Trump affaiblit l’autonomie stratégique de l’Europe

À La Haye, lors du sommet de l’OTAN, à cause de la peur de la Russie et de son incapacité à assumer son autonomie stratégique, l’Europe a courbé l’échine devant Trump.
« Au sommet de l’Otan, Donald Trump face à la docilité des alliés », Le Figaro, 26/6.
Conscient de leur docilité, Trump en a profité pour imposer aux alliés sa volonté. Les 32 membres de l’OTAN devront consacrer 5 % de leur PIB à la défense. Voilà ce que voulait obtenir Trump à La Haye. La plupart des gouvernements, avant le sommet, n’entendaient pas imposer à leurs budgets une telle charge. L’Espagne, seule, a osé dire niet à cette injonction, mais elle paiera cher, a prévenu Trump. Il a fait le vœu de détruire son économie lors des négociations commerciales avec les États-Unis.

Cet accord, qui se trouve dans la déclaration finale, représente aux yeux de Trump une victoire historique. D’un ton triomphal, il a qualifié le sommet de La Haye de succès monumental pour son pays.
« Donald Trump s’est félicité de sa victoire au sommet de l’Otan : les alliés ont accepté son objectif de porter les investissements dans la chose militaire et sécuritaire à 5 % de leur PIB. Il espère que ce sera pour acheter du « made in America » », peut-on lire dans Le Soir (26/6).

Même ses lubies ont été prises en compte. Exemple : Zelensky n’a pas participé à la plénière, comme l’a souhaité Trump, au grand dam du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Mais en marge du sommet, Trump a daigné s’entretenir avec le président ukrainien.

Le président Trump, l’éternel provocateur s’il en est, a semé la confusion dans les esprits des alliés par sa lecture révisionniste de l’article 5 de la charte de l’Alliance atlantique. Étonnant ! Cette tentative de remise en cause de la solidarité entre les membres en cas d’agression n’a pas soulevé les boucliers. Même si la solidarité entre alliés a été quand même mentionnée dans le court communiqué final.

L’ancien Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, s’est montré obséquieux pour éviter un clash avec Trump lors d’un sommet qui se tenait chez lui. Dans l’intention d’éviter des tensions, certains dossiers qui pouvaient mécontenter le président américain ont été évités ou traités superficiellement. L’idée de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie de Poutine a été gentiment écartée. Mark Rutte a préféré filer la patate chaude aux dirigeants européens qui tiennent à Bruxelles aujourd’hui leur sommet sur la question de l’adhésion de l’Ukraine, soit deux jours après celui de l’Otan.

Cette docilité ne manquera pas d’avoir des conséquences sur l’autonomie stratégique de l’Europe, estiment des observateurs. Elle risque de tomber dans les oubliettes. À Budapest, en novembre dernier, lors du 5ᵉ sommet de la communauté politique, ce vieux débat a refait surface juste après le retour de Trump à la Maison Blanche. Ses premières déclarations sur l’Otan, qu’il a jugée obsolète, avaient fait l’effet d’une douche froide.

Comment les Européens pourraient-ils élever leurs standards en matière de défense et de sécurité tout en consacrant 5 % de leur PIB aux dépenses de l’Otan ? Les Européens donnent l’impression de sacrifier leurs intérêts stratégiques, voire économiques, en obéissant aux diktats américains.

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