
Par la rédaction d’Africa Dixit
Au Soudan du Sud, où la guerre et les crises climatiques entraînent une augmentation dramatique des violences sexuelles, des initiatives locales et internationales s’efforcent de soutenir les survivantes, en leur offrant des outils pour reconstruire leur vie.
Un contexte de violences structurelles
Dans les zones en conflit, telles que l’État de l’Unité, les femmes et les filles sont exposées de manière alarmante à des violences sexuelles, utilisées comme stratégie de guerre. L’ONU estime que 65 % d’entre elles ont subi des agressions sexuelles ou physiques, un chiffre très supérieur à la moyenne mondiale. Plusieurs rapports de l’ONU confirment que les viols collectifs et les enlèvements sont utilisés pour terroriser la population civile.
Un soutien institutionnel et humanitaire vital
Des organisations telles que l’UNFPA, l’ONU et des ONG locales comme Nonviolent Peaceforce oeuvrent à la création d’espaces sécurisés pour les survivantes, où elles reçoivent une aide médicale, psychosociale et juridique. À Bentiu, l’UNFPA a permis la prise en charge de milliers de victimes, en leur fournissant des formations pour générer des revenus et restaurer leur dignité.
Empowerment économique pour la résilience
Les survivantes sont encouragées à développer des activités artisanales (couture, fabrication de savon, bijoux), qui leur offrent une autonomie financière indispensable. Ces programmes améliorent non seulement leurs revenus, mais aussi leur stature sociale et leur capacité à se réapproprier leur récit .
Des modèles de transformation à Yambio
À Yambio, des groupes de femmes ont mis en place des cellules de protection communautaire. Une bénévole raconte : « Nous avons accueilli une fillette d’environ 7 ans agressée. Elle est traumatisée, mais les progrès sont là : elle commence à parler à nouveau ». Ces initiatives locales montrent que le soutien collectif et la sensibilisation peuvent réduire l’impunité et favoriser un climat de justice.
Des obstacles persistants
Malgré ces progrès, le chemin reste long. Les survivantes continuent de subir la stigmatisation, l’absence de tribunaux adéquats et un faible accès aux services de santé. La résolution 2106 du Conseil de sécurité de l’ONU rappelle pourtant la nécessité de responsabiliser les agresseurs et d’instaurer un système judiciaire solide pour prévenir les violences sexuelles dans les conflits.



