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LA RÉSOLUTION DE L’ONU CONSACRE LAVICTOIRE DE LA MARCHE VERTE

À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la Marche Verte, symbole d’unité et de patriotisme, le Maroc célèbre une double victoire. Quelques jours avant la commémoration, le Conseil de sécurité de l’ONU a confirmé son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara, le considérant comme la solution la plus réaliste et durable. Cette reconnaissance internationale consacre la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud.

Au Maroc comme à l’étranger, les célébrations se multiplient. À Bruxelles, l’ambassadeur du Royaume, M. Mohammed Ameur, organise une réception officielle, suivie d’expositions artistiques, philatéliques et numismatiques, ainsi qu’un match de football pour marquer l’événement.

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré M. Larbi Khetouta, écrivain tangérois établi en Belgique, passionné d’histoire et fervent défenseur de l’unité nationale. Il revient pour AFRICADIXIT sur la portée historique de la Marche Verte, le sens de la récente résolution de l’ONU et l’importance de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

Écrivain tangérois de renom, auteur de dix-huit ouvrages, M. Larbi Khetouta décrypte pour nous la portée historique de la Marche Verte et le sens de la récente résolution de l’ONU consacrant la souveraineté du Maroc sur le Sahara.


LARBI KHETOUTA : « LA LIGNE IMAGINAIRE A ÉTÉ EFFACÉE »

AFRICADIXIT : Né à Tanger, à une époque où la ville était placée sous administration internationale, vous partez pour la Belgique à 17 ans, en 1964, pour y vivre depuis. En 1975, étudiant en phytothérapie, vous étiez loin du Maroc. Comment avez-vous appris la nouvelle de la Marche Verte, et quelle a été votre réaction ?

LARBI : D’abord, une précision : Tanger n’était pas une simple ville, mais un État géré par huit puissances, dont la France et l’Espagne. Je fais partie de la première génération de Marocains installés en Belgique. À l’époque, de nombreux journaux du monde arabe y circulaient — Le Soir du Maroc, Le Sahara, entre autres — que je lisais avec avidité pour suivre l’actualité de notre pays.
La Marche Verte fut, à mes yeux, un coup de génie de Sa Majesté Feu Hassan II. Réussir à mobiliser 350 000 Marocains, armés seulement du Coran, de drapeaux et de chants patriotiques, face à l’armada espagnole, relevait d’une stratégie exceptionnelle. Par son intelligence, le Roi Hassan II a privé les Espagnols de tout prétexte pour tirer sur les marcheurs.
Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, avec la même sagesse et le même sens de l’histoire, le Roi Mohammed VI parachève l’œuvre de son père, grâce à la reconnaissance internationale de la souveraineté marocaine sur le Sahara. À cette occasion, j’ai écrit ma troisième chanson en hommage à Hassan II — la première remonte à 1986.

AFRICADIXIT : La résolution de l’ONU du 31 octobre est tombée quelques jours avant le 50ᵉ anniversaire de la Marche Verte. Est-ce une simple coïncidence ou le fruit d’une diplomatie bien orchestrée ?

LARBI : Ni hasard ni coïncidence. C’est la consécration d’une diplomatie marocaine patiente et méthodique, menée sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. C’est, en réalité, la continuité naturelle de la Marche Verte. Comme son père, le Souverain fait preuve d’une énergie discrète mais redoutablement efficace.

AFRICADIXIT : Sur les cartes numériques, notamment Google Maps, la ligne pointillée séparant le Maroc de ses provinces du Sud a disparu. Peut-on dire que le Royaume a retrouvé ses frontières naturelles ?

LARBI : Cette ligne n’a jamais eu de réalité historique de mon pays. Elle était par conséquent inexistante pour nous.

AFRICADIXIT : En France, les manuels scolaires intègrent déjà la carte complète du Maroc, incluant le Sahara. Qu’en est-il en Belgique ?

LARBI : On ne peut pas comparer la France et la Belgique. Les Belges maitrisent l’art des compromis. Ils suivront un jour.

AFRICADIXIT : Les deux expositions que vous organisez, ainsi que le match de football, s’inscrivent-ils dans l’esprit de la Marche Verte ?

LARBI : Absolument. Les timbres et les monnaies racontent l’histoire d’un pays. À travers ces trois activités — organisées par le Club Ibn Batuta, l’association Sport et Culture présidée par M. Abdellah Azahaf et Marhaba — nous avons voulu transmettre le message et les symboles de la Marche Verte.
Sachez que la Banque du Maroc émet chaque année des pièces commémoratives en argent pour célébrer l’événement, et la Poste publie depuis cinquante ans des timbres dédiés à cette épopée. Ces expositions permettront à nos enfants et à tous les participants de s’imprégner du message d’unité nationale. Quant au match de football, il offrira un moment de fraternité et de communion entre jeunes Marocains et spectateurs.

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