
Les eurodéputés ont décidé de geler la ratification de l’accord commercial signé entre les États-Unis et l’Union européenne. En juillet dernier, sur fond de tensions exacerbées, Européens et Américains avaient conclu un accord prévoyant un droit de douane de 15 % sur les produits européens entrant aux États-Unis. En contrepartie, les produits américains n’étaient plus soumis aux taxes européennes.
La signature de cet accord a été vécue par une large partie de l’opinion comme une capitulation de l’Union européenne face aux menaces de Donald Trump.
Pour François Bayrou, ancien Premier ministre français, il s’agissait d’une véritable soumission. Un sondage réalisé dans plusieurs pays européens indiquait d’ailleurs qu’une majorité de citoyens souhaitait la démission de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, principale négociatrice de l’accord.
Note discordante
Face aux critiques, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a défendu l’accord devant la presse. Il a déclaré préférer cet arrangement à une guerre commerciale ouverte avec les États-Unis.
« Au-delà du commerce, a-t-il poursuivi, c’est aussi une réponse importante en matière de sécurité, pour l’Ukraine et face à l’instabilité internationale. »
Dans le même esprit, lors du dernier sommet de l’OTAN à La Haye, le président français Emmanuel Macron avait rappelé :
« Entre alliés, on ne peut pas exiger davantage de dépenses pour la défense au sein de l’OTAN et, dans le même temps, se livrer une guerre commerciale. C’est une aberration. »
Les tensions se sont encore accrues après la volonté affichée par Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome du Danemark, suscitant une vive inquiétude parmi les alliés européens au sein de l’Alliance atlantique.
À Davos, la division des Européens est une nouvelle fois apparue au grand jour face aux pressions américaines. La France a ainsi plaidé pour l’utilisation de l’arsenal commercial européen afin de répondre aux menaces trumpistes d’augmenter jusqu’à 50 % les droits de douane sur certains produits européens.
En décidant de geler le processus de ratification de l’accord commercial avec Washington, le Parlement européen offre aux Vingt-Sept l’occasion de reconstruire une position commune et de lancer une offensive diplomatique destinée à dissuader Donald Trump de multiplier les initiatives agressives, tant sur le plan politique qu’économique.
Le réexamen de l’accord est renvoyé à la fin du mois de février. Une détente demeure possible, d’autant que Donald Trump a récemment fait marche arrière sur le dossier groenlandais.
L’avenir de la relation transatlantique dépendra désormais de nouveaux signes d’apaisement entre les États-Unis et l’Europe.
Décryptage – Jean Boole



