Par la rédaction d’Africa Dixit
La lutte contre le paludisme en Afrique a franchi une étape décisive avec le lancement officiel de la Coalition des parlementaires pour l’élimination du paludisme en Afrique (COPEMA) les 28 et 29 avril 2025 à Accra, au Ghana. Cette initiative regroupe des parlementaires issus de 11 pays à forte charge de morbidité, dans le but de renforcer la collaboration entre décideurs politiques et programmes nationaux de lutte contre le paludisme.
Un engagement politique renouvelé face à une urgence sanitaire persistante
Selon le Rapport mondial sur le paludisme 2024 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique représente 94 % des cas mondiaux de paludisme et 95 % des décès, avec 600 000 morts enregistrées en 2023. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont les plus touchés, malgré des décennies d’efforts de lutte.
Le Dr Michael Adekunle, Directeur général du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, a souligné que la réduction de 90 % de la charge du paludisme d’ici 2030 pourrait augmenter le produit intérieur brut du continent africain de 127 milliards de dollars américains, positionnant ainsi la lutte contre cette maladie comme un investissement à fort rendement.
La COPEMA : Une plateforme pour une action parlementaire coordonnée
La COPEMA vise à combler les lacunes en matière de communication et de compréhension des enjeux liés au paludisme parmi les décideurs politiques. Elle encourage une approche transversale impliquant l’ensemble de la société et des gouvernements, mettant en lumière des problématiques telles que les eaux stagnantes servant de sites de reproduction pour les moustiques.
Le Dr Mark Nawaane, Président du Comité parlementaire de la santé du Ghana, a appelé ses collègues législateurs à aller au-delà de la législation en mobilisant des ressources nationales et en veillant à ce que le paludisme reste une priorité nationale. Il a déclaré : « Imaginons une Afrique où aucun enfant ne meurt d’une piqûre de moustique. Cet avenir est à notre portée. »
Vers une reconnaissance gouvernementale et une mobilisation accrue
À l’issue de la réunion régionale, les parlementaires ont adopté la « Déclaration d’Accra des parlementaires africains pour l’élimination du paludisme en Afrique », appelant à une reconnaissance formelle de la COPEMA par les gouvernements africains. Cette déclaration met l’accent sur l’approche multisectorielle, l’augmentation des budgets nationaux de santé, la mise en œuvre des politiques de lutte contre le paludisme et la promotion de l’engagement du secteur privé.
Mme Santa Okot, membre de la COPEMA en Ouganda, a souligné l’importance d’une volonté politique accrue et d’un leadership renforcé pour éliminer le paludisme, en particulier face aux perturbations récentes des programmes internationaux de lutte contre la maladie
Une collaboration continentale pour un avenir sans paludisme
La réunion stratégique régionale et le lancement de la COPEMA ont réuni des parlementaires, des gestionnaires de programmes nationaux de lutte contre le paludisme et des experts techniques de toute l’Afrique. L’événement a été organisé en collaboration avec des partenaires stratégiques, notamment les programmes nationaux de lutte contre le paludisme du Ghana, Afrika Kwanza Health Impact, Hope for Future Generations, le Fonds mondial, Africa CDC, l’OMS, le Parlement panafricain et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme.
La COPEMA représente une avancée significative dans la mobilisation politique pour l’élimination du paludisme en Afrique, en plaçant les parlementaires au cœur des efforts de plaidoyer et de financement durable.



