Politique

Kenya: une manifestation antigouvernementale dégénère, au moins 5 morts et 31 blessés

Au moins cinq personnes ont été tuées et 31 blessées mardi lors d’un mouvement de protestation antigouvernemental au Kenya qui a viré au chaos dans la capitale Nairobi après que des manifestants ont forcé les barrages de police et pénétré dans l’enceinte du Parlement.

L’ONG Commission kényane des droits humains (KHCR) a affirmé avoir vu la police « tirer sur quatre manifestants, (…) tuant l’un d’entre eux », dans un communiqué sur X.

Des journalistes AFP présents sur place ont vu trois corps inanimés, gisant dans des mares de sang, aux abords du Parlement, où un bâtiment était en feu.

Un responsable d’Amnesty International Kenya, Irungu Houghton, a fait état dans une déclaration à l’AFP de « nombreux blessés », dénonçant le « recours croissant aux balles réelles par la police » durant cette manifestation. 

La chaîne de télévision kényane KTN a, elle, fait état d’au moins huit morts, en se basant sur les informations des services de secours. Des ONG, dont Amnesty Kenya, parlent de 5 morts et 31 blessés. Elles évoquent aussi l’enlèvement d’au moins 21 personnes dans les dernières 24 heures.

La tension est progressivement montée mardi dans le centre d’affaires (CBD) de Nairobi où se tenait la troisième manifestation en huit jours d’un mouvement baptisé « Occupy Parliament » (« Occuper le Parlement ») s’opposant au projet de budget 2024-25 qui prévoit l’instauration de nouvelles taxes.

De premiers heurts ont éclaté vers la mi-journée après que des manifestants ont progressé dans une zone abritant plusieurs bâtiments officiels (Parlement, Cour Suprême, mairie de Nairobi…).

Les manifestants ont ensuite forcé les barrages de la police pour pénétrer dans l’enceinte où les députés venaient d’approuver les amendements au texte, qui doit être voté d’ici le 30 juin.

D’autres manifestations se sont tenues dans plusieurs autres villes du pays, notamment dans les fiefs de l’opposition de Mombasa (est) et Kisumu (ouest), à Eldoret (ouest), grande ville de la vallée du Rift, région d’origine du président William Ruto, Nyeri (sud-ouest) et Nakuru (centre), selon des médias locaux.

Le mouvement « Occupy Parliament » a été lancé sur les réseaux sociaux peu après la présentation au Parlement le 13 juin du projet de budget 2024-2025 prévoyant l’instauration de nouvelles taxes, dont une TVA de 16% sur le pain et une taxe annuelle de 2,5% sur les véhicules particuliers.

Le gouvernement avait annoncé le 18 juin retirer la plupart des mesures mais les manifestants ont poursuivi leur mouvement, demandant le retrait intégral du texte. Ils dénoncent un tour de passe-passe du gouvernement qui envisage de compenser le retrait de certaines mesures fiscales par d’autres, notamment une hausse de 50% des taxes sur les carburants.

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