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Arrivée des premiers réfugiés blancs d’Afrique du Sud aux États-Unis : entre symbolisme et controverse diplomatique

Les États-Unis ont accueilli, ce lundi 12 mai 2025, une première vague de réfugiés blancs en provenance d’Afrique du Sud. Une cinquantaine d’Afrikaners, descendants des colons européens, ont foulé le sol américain en vertu d’un décret présidentiel signé par Donald Trump, qui qualifie leur situation dans leur pays d’origine de « génocide ». Cette décision suscite déjà une vive polémique sur les plans diplomatique, historique et moral.

Un accueil officiel à Washington

C’est lors d’une cérémonie officielle que ces familles sud-africaines ont été accueillies par Christopher Landau, numéro deux du Département d’État, ainsi que par Troy Edgar, représentant du ministère de la Sécurité intérieure. « Bienvenue aux États-Unis d’Amérique, la terre de la liberté », a déclaré Landau, affirmant que ces réfugiés sont victimes d’une « persécution flagrante à cause de leur race ».

Le président Trump, fidèle à sa ligne nationaliste, a réaffirmé que ces Afrikaners vivent une « situation terrible » et a justifié leur accueil au nom de la protection des droits humains. Le décret 14204, signé le 7 février 2025, fait partie d’une série de 141 ordres exécutifs émis depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche.

Les Afrikaners : entre héritage colonial et réalité contemporaine

Les Afrikaners forment la majorité de la population blanche en Afrique du Sud. Issus principalement de colons hollandais, français et allemands, ils ont joué un rôle central dans l’instauration et la perpétuation du régime d’apartheid (1948–1991), qui a institutionnalisé la ségrégation raciale au détriment de la majorité noire.

Depuis la fin de ce système, l’Afrique du Sud tente de panser ses plaies historiques. Toutefois, des tensions persistent, notamment autour des réformes agraires, et certains groupes blancs dénoncent ce qu’ils perçoivent comme des violences ciblées, en particulier contre les fermiers. Un sujet hautement sensible, souvent instrumentalisé à des fins politiques.

Une réaction ferme de Pretoria

Le gouvernement sud-africain, par la voix du président Cyril Ramaphosa, a critiqué avec fermeté la décision américaine. « Un réfugié est une personne qui fuit son pays à cause d’une persécution politique, religieuse ou économique. Ces individus ne répondent pas à cette définition », a-t-il déclaré, tout en précisant que son gouvernement n’empêchera pas leur départ.

Pretoria dénonce une ingérence injustifiée et une tentative de diabolisation sur la scène internationale. Pour de nombreux observateurs, la manœuvre de l’administration Trump vise également à séduire une partie de son électorat conservateur à l’approche de l’élection présidentielle.


Un précédent aux implications multiples

L’accueil de ces réfugiés blancs crée un précédent controversé : c’est la première fois que les États-Unis reconnaissent officiellement une forme de « persécution raciale inversée » en Afrique. Si certains saluent une action humanitaire, d’autres y voient une relecture biaisée de l’histoire sud-africaine et une provocation diplomatique aux relents idéologiques.

La question désormais est de savoir si ce geste isolé restera symbolique ou s’il annonce une nouvelle orientation de la politique migratoire américaine, où la race et la géopolitique se croisent dans un débat profondément clivant.

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