
Par la rédaction d’Africa Dixit
L’ancien Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, a exprimé de vives critiques à l’encontre de la récente nomination de Kamil Idris au poste de Premier ministre par le Conseil souverain dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan. Lors d’une interview accordée à l’Associated Press en marge d’une conférence sur la gouvernance organisée par la Fondation Mo Ibrahim à Marrakech, Hamdok a qualifié cette initiative de « fausse » et a affirmé qu’elle ne mettrait pas fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis deux ans.
Une guerre civile dévastatrice
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit sanglant opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire issue des tristement célèbres Janjawid du Darfour. Ce conflit a causé la mort d’au moins 24 000 personnes et a déplacé environ 13 millions d’individus, dont 4 millions ont fui vers les pays voisins. Les deux camps sont accusés de crimes de guerre, notamment l’utilisation d’armes chimiques et des actes de génocide.
Une transition politique contestée
En mars 2025, l’armée a annoncé la reprise de Khartoum et d’autres territoires aux mains des FSR. Peu après, le général Burhan a nommé Kamil Idris, ancien directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, au poste de Premier ministre. Cependant, Hamdok estime que cette nomination est une manœuvre politique sans légitimité, affirmant que « toute tentative de création d’un gouvernement au Soudan aujourd’hui est fausse. Elle est sans importance ».
Appel à une solution politique inclusive
Hamdok, qui dirige actuellement une coalition civile en exil, insiste sur le fait qu’aucune solution militaire ne pourra mettre fin au conflit soudanais. Il appelle à un cessez-le-feu immédiat et à la mise en place d’un processus crédible de retour à un gouvernement civil démocratique, abordant les inégalités profondes du pays, les tensions identitaires et le rôle de la religion dans l’État. Il souligne également la nécessité de mettre fin aux livraisons d’armes aux deux camps, critiquant la focalisation sur certains pays fournisseurs tout en ignorant d’autres acteurs impliqués.



