A LA UNEOpinions

LA PRESSE ÉCRITE SE RÉINVENTE FACE À LA MONTÉE EN PUISSANCE D’INTERNET

Confrontée à la montée en puissance du média digital, la presse papier va-t-elle disparaître ? Cette question taraude les éditeurs des journaux. Les plus optimistes parmi les éditeurs pensent qu’elle résiste. Plus qu’une résistance, elle se réinvente, et affiche une résilience étonnante. Et pour cause, la presse écrite, comme le souligne, à juste titre, Tourya Guaaybess, continue d’afficher une santé relativement bonne.

Selon le concept appelé confluence médiatique, il existe une imbrication progressive des médias au sein d’un système complet permettant la coexistence des plusieurs formats : papier, audio-visuel et numérique. À l’avènement d’Internet, une fausse idée a refait surface faisant croire qu’un média chasse l’autre. En d’autres termes, cela voulait dire qu’Internet allait rendre démodés la radio, la télévision et les journaux. Que du contraire, au nom de la confluence médiatique, ils forment de plus en plus un système.

À en croire certaines études du marché de la presse, récentes, le papier reste plus rentable que le digital. Sur l’échelle mondiale, les revenus de la presse reculent (en général) d’année en année, le papier représentait encore 80 % de ceux-ci contre 20 % pour le digital, affirme Bernard Cools.

À quoi attribuer cette bonne santé de la presse écrite face à Internet ? La presse, comme il vient d’être évoqué ci-haut, a su se réinventer. Les éditeurs ont investi davantage dans les abonnements, et surtout numériques. En 2023, on signale que sur 2,4 millions d’exemplaires de journaux vendus, concernent le numérique. Il y a aussi le sponsoring et l’ajustement des tarifs publicitaires.

Les ventes numériques et autres moyens de marketing nous permettent de penser qu’indéniablement la presse a encore de l’avenir. Où est sa mort annoncée tant de fois ?

Dans cette résilience, on a tendance à oublier le caractère sacramental de la lecture d’un journal. Ce rituel séduit encore les jeunes lecteurs. Humer l’odeur du papier est pareil à sentir celui d’un vieux vin de grand cru. Toucher et écouter les froissements des feuilles, s’arrêter sur un paragraphe, puis y revenir pour vérifier l’autographe, le sens d’un mot, d’une figure de style, regarder encore une image figée pour en saisir plus de sens… Quoi de plus excitant quand on s’informe ?

Par Jean BOOLE

Articles Liés

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page