Depuis le mois de février dernier, le Cabinda est devenu un État indépendant selon la déclaration unilatérale du Secrétaire général du FLEC-FAC (Front de libération du Cabinda-Forces armées cabindaises), Jacinto Antonio Telica. Pas de temps à perdre : avant même la formation d’un gouvernement provisoire, les autorités cabindaises ont décidé de lancer une offensive diplomatique afin de se faire des alliés au niveau régional ou en dehors de l’Afrique.
Aussi les responsables cabindais soutiennent-ils, sans attendre la position de l’UA (Union africaine) la candidature de l’ancien président du Sénégal, Maky Sall au poste du Secrétaire général de l’ONU. Pour Jean-Claude Nzita, le porte-parole du FLEC-FAC, Maky Sall en tant que ressortissant de l’Afrique, continent sur lequel se reposent les espoirs du monde compte tenu de ses richesses, de sa jeunesse et de son importance dans la lutte contre le réchauffement climatique, mérite d’occuper ce poste.
Dans la région, « des contacts sont en cours et des échanges aussi avec des milieux divers, même s’il n’y a pas encore de réaction significative à notre indépendance. A ce stade, je préfère me taire », a dit Jean-Claude. Mais sur les apportsavec les pays comme les Etats-Unis, le porte-parole du FLEC-FAC se montre moins énigmatique : « Comme l’a rappelé Le Monde, le Cabinda est d’une importance stratégique pour ses réserves de pétrole, maintenant, nous construisons liens avec des tels partenaires.
« Avec le Portugal, puissance colonisatrice, une coopération bilatérale réciproquement bénéfique est sérieusement envisagée grâce à nos binationaux portugais-cabindais » .C’est pourquoi, j’ai, dernièrement, exhorté les citoyens du Cabinda à revendiquer leur nationalité portugaise, dit-il. Son pays, la République cabindaise reconnaîtra sans doute la double nationalité.
En Europe, les autorités cabindaises multiplient des conférences de presse dans l’enceinte de l’Union européenne, et en même temps, auprès des eurodéputés, elles mènent des actions de lobbying et de sensibilisation pour la reconnaissance internationale.
L’aboutissement de ces initiatives paraît, à plus d’égards, incertain, néanmoins, leurs conséquences sont évidentes sur la scène politique angolaise. Coïncidant avec les élections de 2027, cette campagne diplomatique risque de diviser les partis politiques surtout du point de vue de la communication. Mais aussi sur les réponses à donner à l’activisme des responsables cabindais : repressions ou négociations sur l’autonomie ? En attendant, Luanda observe.
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