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À Oujda, le PPS change de tempo : Nabil Ben Abdallah mise sur les compétences de la diaspora

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Par Macha Driss

Quand les cadres de la diaspora entrent dans l’arène électorale, le Parti du progrès et du socialisme veut transformer l’essai
La séquence politique qui s’ouvre dans la région de l’Oriental pourrait bien réserver quelques surprises.

Alors que certaines formations politiques traditionnelles traversent une période de turbulences, marquée par des départs, des démissions et des interrogations

croissantes sur les méthodes de gestion interne et la sélection des candidatures, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) semble vouloir occuper un nouvel espace politique.

À Oujda, le parti dirigé par Nabil Ben Abdallah entend surtout jouer une carte qui pourrait s’avérer déterminante : celle des compétences marocaines établies à l’étranger.

Et le signal envoyé est loin d’être anodin.
Oujda, laboratoire d’un nouveau rapport entre diaspora et politique
La présence de cadres issus de la diaspora dans la bataille politique locale constitue l’un des éléments les plus remarquables de cette nouvelle configuration.
Pour la première fois, selon les acteurs de cette dynamique, des compétences marocaines établies en Europe s’engagent directement dans la compétition politique à Oujda sous la bannière d’une formation se revendiquant du courant progressiste.
Parmi ces profils figurent notamment Mimoun Youb, établi en Belgique, et Ali Zbir, établi en Allemagne.

Leur engagement traduit une évolution qui pourrait dépasser le simple cadre d’une campagne électorale.
Pendant des années, les Marocains du monde ont été considérés principalement comme une force économique, financière et sociale. Leur contribution au développement national est incontestable. Mais leur présence dans les espaces de décision politique demeure, elle, nettement plus limitée.

Oujda pourrait-elle devenir le point de départ d’un changement de paradigme ?

Ben Abdallah prend le pari des compétences

Lors de sa visite dans la région de l’Oriental, Nabil Benabdallah a publiquement mis en avant l’apport de ces nouveaux profils.
Le secrétaire général du PPS a notamment salué l’engagement de Mimoun Youb et d’Ali Zoubir, considérant leur arrivée comme un renforcement significatif pour le parti et comme une opportunité pour la région.
Un choix qui révèle aussi une stratégie.
Dans une période où les partis politiques sont confrontés à une crise de confiance et à une demande croissante de renouvellement des élites, le recrutement de profils disposant d’une expérience internationale peut constituer un avantage politique.

Mais il peut également représenter un pari risqué.

Car les compétences ne suffisent pas à elles seules à gagner une élection. Encore faut-il parvenir à transformer l’expertise en présence de terrain, le discours en crédibilité et l’engagement individuel en dynamique collective.

L’Oriental : bien plus qu’un enjeu électoral
Le choix d’Oujda n’est pas neutre.
La capitale de l’Oriental occupe une position stratégique, à la fois sur les plans économique, social et géopolitique. La région reste confrontée à des défis considérables : chômage, difficultés d’investissement, perspectives limitées pour une partie de la jeunesse et sentiment de déclassement exprimé dans certains territoires.

À cela s’ajoute la dimension particulière de la frontière orientale et les tensions persistantes dans les relations maroco-algériennes.
Dans ce contexte, la bataille électorale ne se résume donc pas à la conquête de sièges.
Elle pose une question plus large : quel projet politique pour l’Oriental et quelle place pour ses compétences, qu’elles soient installées au Maroc ou à l’étranger ?
Le véritable test commence maintenant
L’arrivée de cadres marocains de Belgique, d’Allemagne et d’autres pays européens peut donner au PPS une nouvelle image et contribuer à son renouvellement.
Mais l’essentiel reste à démontrer sur le terrain.
Le défi pour Nabil Ben Abdallah sera de transformer cette ouverture vers la diaspora en une véritable force politique locale, capable de convaincre une population qui attend avant tout des réponses concrètes sur l’emploi, l’investissement, le développement régional et l’avenir de sa jeunesse.
Car derrière l’arrivée de quelques personnalités se joue une question beaucoup plus profonde :

les partis politiques marocains sont-ils enfin prêts à ouvrir leurs portes à une nouvelle génération de compétences venues de l’étranger ?

À Oujda, le PPS semble vouloir tenter l’expérience.

Et si cette stratégie produit les effets escomptés, elle pourrait rapidement dépasser les frontières de l’Oriental et inspirer d’autres formations politiques à revoir leur rapport aux Marocains du monde.
Une chose est certaine : la diaspora ne veut plus seulement être spectatrice. Elle entend désormais prendre place dans l’arène.

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