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Marocains du monde : le retour des compétences qui pourrait rebattre les cartes politiques à Oujda

Répondre à l’appel royal, investir le champ politique et transformer l’expertise de la diaspora en engagement de terrain

Par Jean Bole

Un nouveau phénomène semble se dessiner dans le paysage politique marocain : celui du retour au pays de compétences marocaines établies à l’étranger, décidées à franchir le pas de l’engagement partisan et à prendre part directement aux prochaines échéances constitutionnelles.

Loin d’une simple opération de retour aux sources, cette dynamique traduit une volonté politique et citoyenne : répondre à l’appel royal invitant les Marocains du monde, et notamment les compétences nationales établies à l’étranger, à contribuer davantage aux grands chantiers du Royaume et à participer pleinement à la vie publique.

Pendant longtemps, les compétences de la diaspora ont été davantage considérées comme une force économique, académique ou professionnelle.

Aujourd’hui, une nouvelle étape semble s’ouvrir : celle de leur entrée assumée dans le débat politique et dans les structures partisanes nationales.

Et c’est précisément dans ce contexte que le parcours du Dr Mimoun Youb prend une dimension particulière.

Oujda comme point d’ancrage :

Cadre académique, président du Centre Atlas de médiation, d’arbitrage et de conseil juridique à Bruxelles, le Dr Mimoun Youb dispose d’une expérience acquise entre le Maroc et l’Europe. Son parcours universitaire à Oujda et son enracinement dans la ville lui confèrent une connaissance particulière de son environnement social et humain.

Son choix de revenir dans l’arène politique locale ne semble pas obéir aux mécanismes classiques de la recherche d’un poste ou d’une fonction.
Le message qu’il veut porter est différent : revenir pour être présent.

« La présence » : le mot est devenu son slogan et, surtout, la ligne directrice de son engagement. Une présence qui ne se limite pas aux campagnes électorales, aux meetings ou aux périodes de mobilisation politique, mais qui entend s’inscrire dans la durée.

Pour ses soutiens, l’objectif est clair : disposer à Oujda d’un représentant capable d’écouter la population, de comprendre les préoccupations du terrain et de porter les revendications locales auprès des institutions.

Une candidature qui veut rompre avec les vieux réflexes

À Oujda, cette démarche pourrait également ouvrir un débat sur le profil attendu des futurs responsables politiques.
La question n’est plus seulement de savoir qui sera candidat, mais plutôt qui sera réellement présent après l’élection.
Dans une ville confrontée aux attentes de sa jeunesse, aux enjeux de l’emploi, du développement territorial et à la nécessité de renforcer son attractivité économique, le retour d’un cadre ayant une expérience internationale peut constituer un argument politique important.

Le discours porté autour de Mimoun Youb repose précisément sur cette idée : mettre une expérience acquise à l’étranger au service d’un territoire d’origine, sans rompre avec les réalités quotidiennes de ses habitants.

Ses défenseurs veulent ainsi présenter son engagement comme celui d’un homme qui ne chercherait ni une promotion professionnelle, ni une amélioration de sa situation matérielle, ni un simple poste politique, mais qui souhaite avant tout rendre à Oujda une partie de ce qu’elle lui a donné.

Une affirmation qui devra naturellement être confrontée à la réalité du terrain et, surtout, à l’épreuve du suffrage.

Le choix du PPS n’est pas anodin
Autre élément politiquement significatif :

le choix du Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Là encore, le positionnement ne serait pas présenté comme un simple calcul électoral. Il s’inscrirait dans une proximité avec une culture politique mettant en avant les questions sociales, la dignité, la justice sociale et la défense des catégories vulnérables.
Dans un contexte où les électeurs sont de plus en plus attentifs à la crédibilité des candidats et à la cohérence entre leur discours et leur parcours, ce positionnement pourrait constituer un élément différenciateur.
Mais la politique ne se gagne pas uniquement avec un CV.

Elle se gagne également avec une capacité à convaincre, à écouter, à construire une organisation locale et à transformer une réputation personnelle en véritable dynamique électorale.

Le véritable test sera celui du terrain
Le défi qui attend Mimoun Youb est donc considérable.

Il devra démontrer qu’une compétence internationale peut se transformer en force politique locale, que l’expérience académique peut devenir une capacité d’action publique et que le discours sur la proximité peut résister à l’épreuve quotidienne du terrain.

Pour Oujda, l’enjeu dépasse d’ailleurs la seule personne du candidat.

Il pose une question plus large :

les Marocains du monde sont-ils enfin prêts à devenir une force politique pleinement intégrée aux échéances nationales ?
Si la réponse est oui, l’entrée de nouvelles compétences issues de la diaspora pourrait progressivement modifier les profils, les discours et les méthodes de la politique marocaine.

Oujda pourrait alors devenir l’un des laboratoires de cette nouvelle génération d’engagement.
Le message est désormais lancé : la compétence ne veut plus seulement conseiller, investir ou observer. Elle veut participer, décider et servir.

Et pour Mimoun Youb, le choix semble assumé : revenir vers Oujda, écouter ses habitants, porter leurs préoccupations et tenter de transformer une expérience internationale en engagement politique local.
Reste désormais la seule question qui compte réellement en démocratie : les électeurs oujdis suivront-ils cette nouvelle promesse de présence ?

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