RDC : les principaux défis de la lutte contre Ebola

La lutte contre Ebola en République démocratique du Congo reste difficile. Plusieurs obstacles freinent la prévention et la riposte. Même si l’épidémie touche plusieurs provinces, les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires poursuivent leurs efforts pour limiter la propagation du virus. Concentrée sur l’Ituri dans le nord-est du pays, face à l’Ouganda voisin, avec neuf cas sur dix, cette maladie contagieuse s’étend dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que dans le Haut-Uele et le Tshopo. Et «l’épidémie continue de progresser et nous sommes toujours en phase de rattrapage », a récemment déclaré à la presse le responsable des interventions de l’OMS dans le cadre de la lutte contre Ebola en RDC. Assurant que la riposte repose sur une détection précoce des malades, l’identification de leurs contacts et un suivi étroit afin d’enrayer la propagation du virus.
Une riposte entravée par l’insécurité
Le principal problème est l’insécurité dans l’est du pays, plus précisément dans les deux Kivu. Les conflits armés bloquent souvent l’accès des équipes de santé aux populations touchées. Ils perturbent aussi la surveillance et la prise en charge des malades.
La méfiance des communautés
La méfiance de certaines communautés locales complique aussi la réponse. La désinformation et les rumeurs poussent certaines personnes à refuser le dépistage ou le suivi des contacts. Cela favorise la transmission du virus.
Le suivi des contacts et les déplacements
Le suivi des contacts reste un vrai défi. Les déplacements fréquents des populations compliquent l’identification des cas. Les échanges entre les populations de la RDC et celles de l’Ouganda rendent aussi l’arrêt des chaînes de transmission plus difficile, même si Kampala déclare n’avoir plus des malades ⁵détectés.
Les pratiques funéraires à risque
Les pratiques funéraires traditionnelles posent également problème. Les contacts directs avec les corps lors des enterrements peuvent favoriser la propagation du virus. Cela arrive quand les mesures de sécurité ne sont pas respectées notamment lors des cérémonies mortuaires. A l’africaine comme cela arrive souvent.
Des difficultés logistiques importantes
La riposte est aussi freinée par des difficultés logistiques. L’état des routes est mauvais. Certaines localités sont isolées. Le manque de transport complique parfois l’acheminement du personnel, du matériel médical et des échantillons biologiques.
Des moyens limités face à l’épidémie
Les autorités doivent aussi composer avec des moyens limités. Les ressources financières, humaines et matérielles restent insuffisantes. Il faut compter sur la solidarité internationale. Cela réduit la capacité de réaction face aux nouvelles flambées. Dans certains cas, l’absence de de traitement spécifique homologués contre la souche Bundibugyo complique encore la prise en charge des patients.
Les efforts de la riposte
Face à ces défis, le gouvernement congolais poursuit ses efforts. Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé et de ses partenaires dont la BAD qui vient de lui octroyer 11 millions de dollars américains, il renforce la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés, les capacités de diagnostic, le suivi des contacts et les infrastructures sanitaires. C’est dans cette optique que le gouvernement de Kinshasa impose une quarantaine de 21 jours proportionnée selon le cas à toute personne revenant des zones infectées.
Théo Abedi Salumu



