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SÉNÉGAL -LE LIMOGEAGE DU PREMIER MINISTRE   COMME UN COUP DE TONNERE

DIOMAYE MOOY SONKO, C’EST FINIT : VERS UNE CONFRONTATION EN 2029  

Décryptage 

Des émotions vives, des fortes réactions et réflexions ont immédiatement suivi le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko, même si ce n’était pas une surprise.Spontanément, chez Sonko, des milliers de militants et sympathisants du Pastef (les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) se sont rassemblés pour dénoncer la trahison du président Bassirou Diomaye et en même temps pour soutenir leur leader. « Avec Sonko, en 2029 ; Diomaye mooy Sonko (Diomaye c’est Sonko, en Wolof), c’est fini ». Et une marche blanche est déjà prévue. 

Le limogeage était prévisible, car dans la journée, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre venait de déclarer : «  je ne suis pas un Premier ministre qui obéit aveuglement et qui acquiesce tout « . quelque temps plus tôt, le présidentévoquait un problème de confiance avec son Premier ministre.

A l’évidence, ces déclaration ont un rapport avec les tensions récurrentes entre Diomaye et Sonko. On en a par exemple, le remplacement d’ Aida Mbodj, le choix de Sonko par Aminata Touré, ancienne Première ministre  de Macky Sall, à la tête de la coalition Diomaye président. Cette alliance pour battre Macky a été mise  en œuvre par Sonko. A cette occasion, la base du parti avait accusé le président de trahison.

Depuis que le duo Sonko- Diomaye est  à la tête de l’Etat, le Sénégal connaît une sorte de cohabitation. Pour rappel, Ousmane Sonko, le  candidat naturel du Pastef avait perdu ses droits civiques à cause d’une condamnation pour diffamation, ainsi il ne pouvait plus  se présenter à l’élection présidentielle de 2024 contre Macky Sall. Il a décidé d’être remplacé par le  secrétaire général, Bassirou Diomaye. Et le slogan de la campagne du Pastef, en dit long sur la popularité de Sonko :Diomaye mooy Sonko. Finalement, Macky Sall a été battu, et Diomaye a été élu président. 

C’est dans ce contexte qu’Ousmane Sonko a été nommé Premier ministre par celui qui est devenu président par sa volonté. Comme mission, assainir les finances publiques, et mener des réformes afin de sortir les Sénégalis de la misère par  la création d’emplois et l’augmentation du pouvoir d’achat. Mais les ambitions  présidentielles affichées du Premier ministre  commençaient à porter ombrage au président. En plus, il a commencé à se donne les moyens, notamment  en élimant les obstacles juridiques. Ousmane Sonko a fait passer la réforme du code électoral,  et surtout l’amnistie votée en mars 2024, qui lui ouvre la voie à l’élection présidentielle de 2029. Le prétexte, apaiser le climat  politique  après des troubles  entre 2021 et 2024 qui, à l’époque, avait fait des dizaines de morts et des milliers de prisonniers.  Cette loi a été critiquée, Aïssata Tall Sall, députée de l’opposition a qualifié la loi de personnelle au profit d’Ousmane  Sonko et dangereuse pour la République parce qu’elle rétroagit pour effacer les peines  prononcées en toute souveraineté par la justice ».

Ousmane Sonko est maintenant éligible, et déchargé de ses fonctions de Premier ministre, rien ne  peut plus l’empêcherde se préparer sereinement à l’élection présidentielle de 2029. Avant cet échéance, il  y a des élections locales de 2027. Lescénario des deux majorités à l’issu de ces élections  estpossible  : une majorité parlementaire contre une majorité présidentielle. L’affrontement entre Sonko et Bassirou en 2029est dans l’ordre du possible. Entre-temps, le Sénégal risque de vivre des moments difficiles. 

Jean Boole

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